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    Programme du RCD adopté lors du IIIème congrès

    Posté par rcdtubirets le 28 août 2010

    I PREAMBULE

    Une histoire faite de résistances millénaires et d’accomplissements collectifs a forgé l’âme algérienne. Zone de confluences civilisationnelles, notre pays, à l’instar de ses voisins nord africains, a toujours été une passerelle privilégiée entre l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud.

    Notre peuple a émergé à travers une lutte constante pour la justice et la liberté. Ces deux valeurs ont rythmé l’histoire de l’Algérie et animé les luttes populaires face à toute forme de domination.

    La réussite de Massinissa, l’épopée de Jugurtha et de tant d’autres ont structuré nos traditions de lutte contre la soumission. L’avènement de l’Islam qui a sédimenté sur ce socle identitaire, a consolidé un liant social et produit un vécu et une pratique de la religion faits de tolérance et de solidarité. Forte de cette fusion, l’Afrique du Nord a échappé aux dérives sanglantes qui ont marqué l’histoire de tant d’autres sociétés. Abdelkader, Fatma N’Soumer et Mokrani ont été des héritiers de cette quête perpétuelle d’indépendance.

    C’est sur cette mémoire que les responsables nationalistes ont rassemblé les forces patriotiques pour mener un combat qui a marqué le 20éme siècle. Cette lutte a produit une identité moderne qui a permis à l’Algérie de trouver sa place et son rôle dans le concert des nations. Le 1 er novembre 1954, le mouvement de libération a scellé l’union des forces patriotiques autour d’une aspiration nationale confirmée le 20 août 1956 au congrès de la Soummam , par l’engagement de construire un Etat démocratique et social.

    République et démocratie ont constitué les fondements politiques, idéologiques et éthiques de notre émancipation collective. L’indépendance arrachée, cette noble aspiration n’a pas connu l’aboutissement qu’attendait le peuple algérien. Détournée de ses objectifs, la lutte pour l’indépendance a servi un monopole de pouvoir qui a brisé l’espérance démocratique et bridé un potentiel de développement exceptionnel.

    Fondé sur des manipulations de l’Histoire et de la religion, un système politique, porté par le parti unique, a privé l’Algérien des attributs de la citoyenneté.

    Ciblant d’abord des figures de l’opposition, la répression s’est massifiée pour devenir une méthode de gestion de la société. Rien pourtant ne pouvait arrêter le peuple algérien dans son aspiration à vivre libre et digne en multipliant défis et combats pour arracher ses droits.

    Dépassant les oppositions politiques et contestations sociales de l’après indépendance, la décennie 80 a vu l’irruption d’une nouvelle culture inscrite dans la revendication pacifique et populaire.

    La conquête du multipartisme est la conséquence de ces luttes inédites qui se sont démarquées de la violence comme moyen de prise ou d’exercice du pouvoir. C’est dans cette matrice que le RCD s’est construit pour proposer un projet de société démocratique et républicain renouant avec les idéaux du 1 er novembre 1954 et du Congrès de la Soummam.

    Le parachèvement de l’indépendance nationale est à la fois un acte de fidélité au combat mené contre le colonialisme par nos aînés et un bouclier contre la dérive islamo populiste qui a coûté à la Nation des dizaines de milliers de morts et plus de 20 milliards de dollars de dégâts.

    La victoire du peuple algérien sur l’intégrisme et son corollaire, le terrorisme, n’a pas suffi pour instruire le pouvoir en place sur ses errements.

    Aujourd’hui encore, tous les moyens de l’Etat sont engagés dans une stratégie fondée sur le clientélisme et la corruption pour pérenniser le système à travers une machine à frauder qui discrédite les institutions et ébranle l’esprit civique et citoyen. La fraude électorale systématique et massive a perverti tout le processus de légitimation initié, depuis 1995, avec la première élection présidentielle pluraliste.

    Le viol de la souveraineté populaire a provoqué un divorce total entre l’Etat et la société.

    L’Algérie vit un moment décisif de son Histoire. Les structures, les hommes et les méthodes qui ont endeuillé et stérilisé le pays sont isolés, combattus dans la société et disqualifiés sur la scène internationale.

    L’Algérie a perdu un demi siècle. Changer de régime, refonder l’Etat sont, aujourd’hui, les priorités des démocrates républicains.

    Le RCD s’est fixé pour missions:

    * le parachèvement de la libération nationale par la mise en place d’un Etat unitaire régionalisé garantissant une société démocratique basée sur la justice sociale, les droits de l’Homme et du citoyen, le pluralisme politique et linguistique.
    * la promotion d’une société de savoir consacrant la liberté d’entreprise et l’ouverture sur l’universalité.

    II/ LA REPUBLIQUE

    En Algérie, l’option républicaine tire sa légitimité de l’engagement solennel pris par les acteurs de la libération nationale de fonder « un Etat démocratique et social », loin de toute tentation pour « une théocratie révolue ».

    La République est une forme de gestion de la cité organisée autour de l’intérêt général. Les principes de souveraineté et d’égalité en sont les fondements premiers.

    Brutalement remise en cause par l’insurrection islamo-populiste, l’Etat républicain a été sauvé par une mobilisation nationale patriotique inédite et exemplaire.

    Le RCD est fier d’avoir été à l’avant garde du combat républicain pour lequel militants et patriotes ont sacrifié vies et biens.

    Pour le RCD, le modèle républicain est la forme politique la plus achevée pour toute œuvre de démocratisation de la société et d’émancipation du citoyen.

    II.1/ LE PRINCIPE D’EGALITE

    Il fonde le pacte civil qui régit la république et garantit la citoyenneté.

    Consacré par la constitution, le principe d’égalité, en Algérie, se heurte souvent aux dérives patrimoniales et népotistes des institutions.Trois grands chancres rongent le pays :

    * Les dénis de droits infligés à la femme.
    * La marginalisation du fait identitaire et linguistique amazigh.
    * La soumission de l’appareil judiciaire en particulier et de toutes les institutions en général avec pour conséquence directe une corruption endémique.

    Né au carrefour des principes de république, de démocratie et d’Etat de droit, le RCD milite pour l’abolition de toute forme de ségrégation.

    II.2/ LE PRINCIPE DE SOUVERAINETE

    Pierre angulaire de la République , la souveraineté suppose un fonctionnement social reposant sur l’arbitrage de la règle de droit qui prime sur la force. Dans notre pays, l’absence de légitimité des institutions mutile la souveraineté de l’Etat. La réduction de l’Etat à des fonctions de répression empêche l’émergence d’un socle de valeurs nationales consensuelles.

    La République ne peut s’accomplir sans la faculté pour l’Etat de créer le droit, y compris en matière de statut personnel. République, Démocratie et laïcité sont le socle du projet de société que le RCD propose aux Algériennes et aux Algériens.

    II.3/ LES PRINCIPES DE LAICITE ET DE MODERNITE POLITIQUE

    La laïcité est le mécanisme politique moderne qui aménage les rapports entre Etat et religion.

    Loin d’être un rejet de la religion, le principe de laïcité garantit les libertés de conscience et de culte.Il permet d’affranchir la religion de la tutelle de l’Etat pour la restituer au champ de la foi .Elle organise la coexistence pacifique entre les différents cultes.

    La confiscation de la religion par des compétitions politiques a fait subir à la collectivité nationale un préjudice sanglant. L’Islam souffre de son instrumentalisation par des pouvoirs autocratiques qui ont perverti la raison politique et la morale civile après avoir confisqué la citoyenneté.

    LIslam ne doit être ni un parapluie idéologique, ni une source de légitimation d’une quelconque forme d’exercice du pouvoir.

    L’Islam politique révèle l’échec du régime national-populiste en matière de développement. Il revient aux théologiens éclairés, aux intellectuels et aux démocrates–républicains de convaincre de la nécessaire réforme de l’Islam à l’ombre de la laïcité.

    La modernité politique consacre l’émancipation des hommes et des rapports sociaux des archaïsmes féodaux et ouvre la voie à l’émergence du citoyen.

    III/ LA DEMOCRATIE

    Seul un gouvernement légitime peut défendre et promouvoir l’intérêt général et consacrer la démocratie républicaine.

    A la fois moyen et objectif, la démocratie est le régime politique où le peuple détient le pouvoir. L’autonomie individuelle est au centre de la problématique démocratique. Les libertés d’expression et d’organisation, le libre et égal accès à l’information, à l’instruction et à la culture sont des garants de l’émancipation du citoyen et de son libre arbitre.

    En Algérie, la proclamation formelle des préceptes démocratiques n’a pu se concrétiser à cause de :

    • la fraude électorale massive et récurrente qui pervertit le suffrage universel,

    • la discrimination à l’encontre des femmes,

    • l’omnipotence d’une police politique qui échappe à tout contrôle,

    • l’absence d’alternance,

    • la prédation des ressources nationales,

    • l’impossibilité pour l’opposition démocratique de faire valoir ses droits constitutionnels.

    • la désinformation qui exclut l’opinion publique,

    • l’absence d’équilibre et de séparation des pouvoirs, notamment l’inexistence d’un pouvoir judiciaire indépendant,

    • l’instrumentalisation populiste de la religion et de l’école.

    III.1/ LES LIBERTÉS ET LES DROITS.

    La liberté est d’abord la reconnaissance de l’autonomie individuelle et la garantie contre toute forme d\’oppression et de contrainte physique, morale et sociale.

    La réunion des conditions concrètes d’exercice des libertés et droits fait partie des libertés et des droits. Liberté et égalité sont des droits individuels, mais aussi des conditions de réalisation de l’intérêt commun de la société.

    Ayant chèrement payé pour arracher les libertés, le peuple algérien les voit chaque jour remises en cause sous la double répression du pouvoir autoritaire et de l’extrémisme religieux.

    Censé servir l’efficacité de la lutte anti terroriste, l’état d’urgence sanctionne, d’abord et avant tout, les activités de l’opposition démocratique.

    III.2/ SÉPARATION DES POUVOIRS

    L’Algérie souffre d’un régime constitutionnel et d’un état de fait imposant l’hégémonie de l’Exécutif sur toutes les autres institutions. Ne possédant ni un régime présidentiel responsable devant le peuple, ni un régime parlementaire consacrant un gouvernement légitime, l’Algérie subit un despotisme populiste qui hypothèque sa souveraineté, discrédite son Etat et menace sa cohésion sociale. Le Conseil de la nation et l’Assemblée nationale issues de fraudes et de cooptation récurrentes sont les porte-voix du Chef de l’Etat.

    Le RCD milite pour un régime constitutionnel où les dirigeants répondent de leurs actes devant les citoyens. Le Rassemblement agit en faveur de la limitation des pouvoirs de l’Exécutif au profit du parlement.

    La séparation des pouvoirs et l’institutionnalisation des droits de l’Homme sont des fondements de l’Etat de droit..

    III.3/L’ETAT DE DROIT ET LA JUSTICE :

    L’Algérie officielle évolue de plus en plus en marge du droit et des principes démocratiques. La Constitution est allègrement violée. Les libertés politiques et syndicales sont bafouées .La règle de l’inamovibilité du juge est officiellement remise en cause (al 2 et 4 art 26 du statut du magistrat) .Le Conseil supérieur de la magistrature, déjà dépouillé de ses attributions les plus importantes (notation et discipline), est devenu une annexe de la chancellerie, siégeant à huis clos.

    En Algérie, la confusion des pouvoirs et l’inféodation des instances judiciaire et législative à l’Exécutif consacrent l’irresponsabilité et l’impunité des dirigeants.

    La justice algérienne doit être en phase avec les aspirations démocratiques des citoyens.

    En attendant de voir le système éducatif réhabilité dans sa mission de formation citoyenne et de production d’élites à la mesure des exigences de notre temps en matière de droit et de justice, les magistrats doivent être soumis à des évaluations régulières et bénéficier de formations complémentaires selon les besoins du pays.

    Le droit économique détermine les échanges et relations dans nombre de domaines de la vie nationale et internationale. Le manque de magistrats dans ce domaine cause de graves préjudices à l’économie nationale.

    De manière générale, les effectifs doivent être revus à la hausse pour une meilleure fluidité des actes de justice.

    Le RCD lutte pour une administration pénitentiaire juste, adaptée et humaine. Cela suppose la mise en œuvre de moyens conséquents pour réaliser des établissements en nombre et qualité capable d’exécuter une sanction et de protéger notamment les jeunes des récidives.

    Le RCD milite pour la consécration constitutionnelle d’un pouvoir judiciaire indépendant.

    Le RCD propose de soustraire le Conseil supérieur de la magistrature à l’emprise de l’Exécutif.

    Le RCD appelle à l’élaboration urgente, en association avec les représentants des magistrats, du code de déontologie de la profession tel que prévu par la loi.

    III.4/ LA CITOYENNETE

    La citoyenneté est la liberté reconnue à l’individu-citoyen de participer à la vie politique, à la gestion des affaires publiques et à leur contrôle.

    Dans notre pays, l’exercice de la citoyenneté est fortement contrarié par la misère culturelle subie par le citoyen et la fraude électorale .Cette situation génère un désintérêt des citoyens pour les affaires publiques. Cela s’exprime notamment par l’abstention électorale.

    L’exercice de la citoyenneté doit permettre l’implication de tout un chacun dans les diverses institutions de la société et de l’Etat démocratiques (partis politiques, syndicats, associations,….). La citoyenneté fait émerger un intérêt commun dépassant les intérêts clientélistes.

    Pour être effective, la citoyenneté demande l’engagement du citoyen autour d’une éthique de la responsabilité et de la solidarité qui étaient, faut-il le rappeler, des valeurs ancestrales de notre société. Conscient de la nécessité impérieuse de la participation de tous les citoyens à la vie institutionnelle, le RCD milite pour la consécration légale de l’obligation de voter.

    On ne naît pas citoyen : la finalité de la politique comme programme individuel et collectif est de former le citoyen. Point de citoyenneté sans instruction et émancipation de la raison.

    III.5 / LE PLURALISME:

    L’épanouissement des valeurs citoyennes est tributaire de la consécration du pluralisme. Pluralisme, liberté de presse et déontologie sont les sentinelles de la démocratie.

    La reconnaissance formelle du multipartisme n’a pu réhabiliter l’Etat car elle n’a pas été accompagnée d’une consécration de l’alternance. Répression, manœuvre, manipulation et infiltration des partis et organisations de la société civile ont lourdement handicapé l’expérience algérienne du pluralisme.

    La diversité politique, culturelle et linguistique est une des caractéristiques de l’Algérie. Son respect est une condition de la cohésion, de l’harmonie et de l’émancipation de la collectivité nationale.

    Le pluralisme syndical est consacré par la Constitution. Son respect oblige le gouvernement à associer tout syndicat légal aux concertations ou négociations socioéconomiques qui engagent le monde du travail. Le RCD considère que l’accès des partis politiques et du mouvement associatif, notamment aux médias audiovisuels, est de nature à enraciner et épanouir le pluralisme.

    III.6/ LA BONNE GOUVERNANCE

    Le monde est en train de vivre des transformations fondamentales sous le quadruple effet de la révolution de l’information et de la communication, de l’intensification des échanges économiques, de la libéralisation des sociétés et de l’explosion de la production des biens et des services.

    Les normes classiques de gestion des affaires publiques s’avèrent insuffisantes et inadaptées même dans les pays les plus avancés. Aucun acteur social y compris l’Etat, ne réunit désormais à lui seul les compétences et moyens nécessaires à la solution des problèmes de la société moderne. Les pouvoirs publics ont perdu le monopole de la responsabilité et toutes sortes d’acteurs sociaux ont émergé et demandent à être associés au processus de prise de décision.

    En matière de gouvernance, le gouvernement algérien entend régler les problèmes d’aujourd’hui et de demain avec des méthodes obsolètes. Au lieu de lancer le pays à la conquête du développement et de nouvelles libertés, il piège la nation dans une dynamique régressive qui trouve, tantôt son fondement légal dans des archaïsmes juridiques (Code du statut personnel), tantôt dans le fait du prince refusant d’appliquer la loi (négation de fait d’un pluralisme syndical pourtant légal, justice de la nuit contre les partis politiques, assassinat massif durant plusieurs jours de jeunes manifestants et émeutiers…) ou même violation de la Constitution (refus à 2 chefs de gouvernement pour l’un de déposer son bilan et pour l’autre de présenter son programme devant le Parlement).

    En 2005, l’ONG Transparency international a classé l’Algérie à la 97éme place sur 146 pays tandisque75% des entreprises avouent verser des pots de vin à concurrence de 6% de leur chiffre d’affaire dés qu’ils traitent avec l’Etat. Le Parlement a même refusé de voter l’article 7 de la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption. La fuite annuelle des capitaux approche les 5 milliards de dollars. Les faillites de banques privées ne cessent de révéler des préjudices financiers incommensurables commis sur les deniers publics. Devant cette hémorragie de l’économie nationale, le pouvoir a crée un observatoire contre la corruption. La corruption ne s’observe pas, elle se combat.

    Le RCD considère que l’émergence d’une culture de la bonne gouvernance est subordonnée à l’éradication de la fraude électorale.

    La réforme de l’Etat est l’autre chantier qui adaptera les institutions aux besoins et aspirations de la société.

    La consécration de l’Etat de droit suppose la redéfinition des prérogatives de l’Etat, des responsabilités de la société civile et des missions du marché. Cette démarche ne peut être garanti sans institutions légitimes. Il s’agit de réconcilier le politique, l’économique et le social par de nouvelles formes d’organisation qui associent ,dans la transparence ,le plus grand nombre d’acteurs sociaux, institutionnels, communautaires, locaux, régionaux, partis politiques, opérateurs privés, publics, ONG…etc.…

    Pour le RCD, les valeurs de rationalité, transparence, concertation, arbitrage, et responsabilité partagée doivent imprégner, en permanence, l’action publique.

    Le RCD s’engage à œuvrer à la constitutionnalisation de l’obligation de déclaration de patrimoine pour tout postulant à un poste électif ou à une haute fonction de l’Etat.

    Le RCD engage les pouvoirs publics à amorcer un processus juridique avec l’aide des Etats concernés en vue de récupérer les avoirs illégalement transférés à l’extérieur.

    IV/ LES DROITS DE L’HOMME:

    Entamée à l’ère du parti unique par les démocrates, la lutte pour le respect des droits de la personne humaine reste une préoccupation actuelle tant ceux-ci continuent de subir le double dictat du pouvoir autoritaire et de la barbarie intégriste.

    Le RCD est un parti social démocrate. Il fonde son projet sur le respect et l’universalité des droits de l’homme et du citoyen.Il proclame notamment son attachement à la liberté de conscience, à la laïcité de l’Etat et de l’école et au refus de toute discrimination de sexe, de race, de conviction philosophique ou religieuse ou de choix personnel de vie.

    Le RCD agit pour concrétiser, dans la réalité et le droit positif algériens, les droits sociaux et économiques consacrés par le droit international, notamment les droits à la santé, au travail et au logement.

    Le RCD considère que les droits à la culture, à l’information, à l’enseignement et à l’usage professionnel de la langue maternelle sont à la base de toute avancée du processus de démocratisation.

    Le RCD milite pour que l’Etat algérien respecte les traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme et lève toutes les réserves qu’il y a opposées.

    Le Rassemblement milite pour la consécration constitutionnelle du droit à la dignité et pour l’abolition de la peine de mort.

    Le RCD appelle les pouvoirs publics et la communauté internationale à élaborer de nouveaux instruments juridiques permettant d’appréhender les nouvelles formes de violations massives des droits humains commises par les Etats ou les groupes non étatiques.

    V. L’ETAT UNITAIRE REGIONALISE (E.U.R) ET LA DEMOCRATIE DE PROXIMITE :

    La question du modèle d’Etat doit être réfléchie en référence à la sociologie et à la culture de notre formation sociale. L’Etat doit servir la société et non l’asservir.

    L’expérience universelle révèle deux grands modèles : l’Etat fédéral et l’Etat unitaire. Produit de la fusion ou de la scission d’entités étatiques ou nationales préexistantes, le modèle fédéral ne peut être celui de notre pays qui n’est pas né de telles conditions historiques. L’Algérie ne peut être qu’un Etat unitaire.

    Le modèle unitaire de l’Etat est connu à travers deux types, l’Etat unitaire centralisé et/ou décentralisé et l’Etat unitaire régionalisé.

    Organisée sur le modèle centralisé du fait de la colonisation française, l’Algérie a fidèlement reconduit cet héritage institutionnel étranger à la sociologie et à la culture de son peuple en ignorant, en 1962, ses valeurs d’Etat de droit, de démocratie et de droits de l’Homme.

    L’Etat unitaire centralisé a montré ses limites. Il a été ,à juste titre, comparé à une pieuvre dont la tête est un immense tube digestif nourri par les tentacules L’Etat unitaire centralisé repose sur un postulat d’homogénéité de la société qui n’existe nulle part au monde. Omniprésent et omnipotent, il étouffe toute initiative locale ou régionale. Il concentre l’ensemble de la décision politique, économique, sociale et culturelle entre les mains d’états major désignés concentrés dans la capitale ou parachutés à la tête de circonscriptions administratives artificielles. Cette situation a généré une corruption endémique et installé le marasme politique.

    L’Etat unitaire décentralisé supposé être une alternative efficace aux méfaits de la centralisation, se réduit souvent à une simple déconcentration, les hauts responsables pouvant être limogés à tout moment et leurs décisions abrogées par l’Etat central.

    Dans le tiers monde, l’Etat unitaire centralisé est le coffre fort du népotisme et de la corruption. La régionalisation, elle, est le tombeau du régionalisme et de l’exclusion.

    Compte tenu de notre histoire et des expériences réussies dans les pays développés, le RCD a opté pour un Etat unitaire régionalisé dont il propose aux Algériens les contours :

    La région naturelle: Tous les pays sont traversés par des axes d’hétérogénéité. Il s’agit donc d’aménager le nôtre en autant de régions qui offrent un minimum d’homogénéité. Les limites des Régions peuvent être linguistiques, culturelles, géographiques, historiques … Nous avons la chance de bénéficier d’une première réflexion, celle de la plate forme de la Soummam , qu’il nous appartient d’actualiser.

    De telles régions, épargnées par les conflits subjectifs, peuvent, dès lors, prétendre à un développement économique à la mesure des efforts consentis par leurs populations.

    L’Etat unitaire régionalisé (E.U.R) est plus proche du citoyen qu’il responsabilise et dont il fait un acteur social à part entière.

    Mieux au fait des spécificités régionales, des contraintes de production et de la culture ambiante, un Exécutif et un Parlement régionaux sont mieux préparés à réfléchir sur des projets à moyen et long terme. Cette réflexion prospective n’a pu être, jusqu’ici, menée à bon port par l’Etat-Nation.

    La démocratie de proximité : le gouvernement régional qui agit sur un territoire « gérable », avec une population peu nombreuse, peut soumettre à un vrai débat public son programme et recueillir ainsi les opinions des citoyens. La décentralisation du maximum de pouvoirs au bénéfice des municipalités est la règle fondamentale de l’Etat unitaire régionalisé dans lequel les citoyens peuvent participer directement à la gestion des fonds publics ou à leur contrôle à travers les organisations locales de la société civile.

    Il s’agit d’insérer le pays dans une démocratie de proximité qui s’appuie sur une véritable autogestion. Les citoyens y sont maîtres de leur destin car ils bénéficient d’une médiation permanente avec leurs élus.

    La répartition des compétences : à terme, les régions disposant d’un Exécutif et d’un Parlement récupèrent toutes les compétences ministérielles, exceptions faites des fonctions régaliennes de l’Etat central que sont la défense nationale, la politique étrangère et la monnaie. Les autres activités liées à l’économie, au social, et à la culture sont du ressort des Régions.

    Parlement national et Parlement régional : chaque Région est dotée de son propre parlement. Le Parlement national, quant à lui, doit être un fidèle reflet de la Nation.Ses compétences doivent recouper celles dévolues à l’Etat central.

    La régionalisation modulable : la régionalisation de l’Etat doit se faire de manière modulable. Chaque Région peut organiser les transferts de compétence selon son propre rythme, le niveau d’autonomie étant fonction de la demande sociale régionale et de ses capacités d’encadrement.

    La juridiction suprême d’arbitrage : l’Etat unitaire régionalisé implique l’existence d’une juridiction suprême chargée d’arbitrer entre les Régions et l’Etat central et veiller à la constitutionalité des lois et décrets votés par les Régions. Cette instance garantira, également le respect par toutes les Régions du socle de valeurs républicaines et démocratiques à la base du consensus national.

    La solidarité interrégionale : les ressources naturelles sont des biens communs à l’ensemble de la Nation. Elles sont réparties équitablement entre les Régions au prorata de leurs habitants. Toutefois, la solidarité et la collaboration interrégionales et entre Régions et Etat central fondent la philosophie de l’E.U.R. Des Régions pouvant accuser un retard économique, les plus riches d’entre elles sont appelées à leur prêter main forte à travers un mécanisme national de péréquation. L’E.U.R élimine les disparités et déséquilibres régionaux générés par toute centralisation.

    Le budget : le budget national est élaboré sur la base préalable des budgets régionaux. Les ressources naturelles sont des biens communs de toute la nation, et sont distribuées équitablement aux Régions au prorata de leurs habitants. Il appartiendra aux instances nationales, de veiller aux différents équilibres régionaux et d’assurer une équité qui tienne compte à la fois du nombre de citoyens, des contraintes naturelles de la région et des réalisations de l’année écoulée.

    La fiscalité : la politique fiscale est de la compétence de l’Etat central. La Région doit, toutefois, disposer des revenus de sa fiscalité. En outre, chaque région doit participer à la reconstitution du trésor public par une contribution financière évaluée de façon paritaire.

    Les partis politiques: dans un Etat unitaire régionalisé, les partis politiques peuvent avoir des compétences régionales et/ou nationales.

    Les langues: l’Etat unitaire régionalisé implique et assume la diversité linguistique. Tout dogme tendant à uniformiser la société en est donc exclu.

    Alger : capitale du pays, Alger est par essence une métropole multiculturelle où se rencontrent au moins trois langues : Tamazight, Arabe et Français. C’est aussi le lieu où se côtoient les communautés arabophones et amazighophones mais être algérois transcende souvent l’appartenance au groupe communautaire d’origine.

    Reconnue zone autonome durant la guerre de libération nationale, Alger doit être érigée en métropole dotée d’un statut spécifique.

    VI/ L’ADMINISTRATION, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LES MÉDIAS:

    Les rapports entre ces trois entités définissent la nature de l\’Etat en place.

    VI.1 / LA REFORME ADMINISTRATIVE ET L\’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE :

    Le système administratif algérien tout comme l’Etat qui l’organise et le secrète, souffre de centralisation, d’inadaptation à la nature du tissu social et à l’immensité du territoire, de bureaucratie, d’inefficacité et de corruption généralisée. Créé pour contrôler le citoyen et servir les clientèles du régime, il inhibe le fonctionnaire et l’administré et constitue souvent un obstacle à l’action légitime des autorités élues. C’est ainsi que les daïras sont en train de dépouiller les APC de prérogatives déjà bien maigres.

    L’aménagement du territoire :

    Depuis l’indépendance, toutes les politiques d’aménagement du territoire ont échoué. Certaines régions du pays souffrent d’une politique délibérée de contre développement.

    Souvent opérées pour satisfaire et placer des clientèles, des entités administratives sans âme appelées wilayas, dairas ou communes sont souvent crées loin de toute pertinence sociologique ou étude de viabilité économique pour être confiées à des commis désignés parmi les serviteurs du régime. Cela n’a pas permis de réaliser une participation citoyenne ni servi le développement local, ni mis fin à l’abus d’autorité. La multiplication des hauts conseils est une fausse solution.

    La mise en place et la gestion des grandes infrastructures ont montré l’exiguïté du périmètre de la wilaya tandis que l’Etat central souffre, lui, de l’immensité de son territoire.

    A l’échelon central, l’élasticité du nombre de ministères témoigne du caractère aléatoire des visions de long terme.

    Résultant d’une démographie élevée et d’un exode rural démultiplié, ces dernières années sous la pression du terrorisme, l’explosion urbaine, affectant surtout le littoral, a crée un espace désarticulé et sans unité, révélant une croissance sans développement.

    Le RCD considère que la politique d’aménagement du territoire doit viser à favoriser un développement économique et social harmonieux, à mettre un terme aux disparités régionales et rationaliser le train de vie de l’Etat.

    Le RCD préconise, à titre de mesure immédiate, la suppression des daïras dont les taches de police peuvent être aisément prises en charge par les wilayas et le personnel utilement réaffecté aux municipalités démunies.

    VI.2/ LA SOCIETE CIVILE :

    En démocratie la société civile est une composante fondamentale du jeu politique.Le respect de son autonomie est un indicateur de la nature démocratique ou tyrannique du pouvoir en place. Le mouvement associatif est une interface dynamique essentielle entre Etat et société politique d’une part et citoyens d’autre part.

    En ce domaine non plus, le bilan du pouvoir n’échappe pas à la régression. L’emprisonnement et le harcèlement judiciaire des journalistes, les sanglantes répressions qui frappent les contestations citoyennes, en particulier celle de 2001 en Kabylie,les redressements fiscaux et le chantage aux marchés publics pesant sur les opérateurs qui manifestent des velléités d’autonomie politique , les interdictions illégales de grèves, le refus de reconnaître les syndicats autonomes ou les associations nationales ou wilayales étrangères aux clientèles du régime, les coups d’Etat contre les directions légitimes des partis politiques,le refus d’agréer des partis politiques légalement constitués,les cabales politico judiciaires contre des personnalités politiques,la répression des militants de partis légaux attestent quotidiennement d’un despotisme archaïque qui renie les aspirations du peuple algérien à la démocratie.

    Le RCD exige :

    * la suppression de l’agrément de fait exigé des candidats à l’association dans le respect du régime déclaratif institué par la loi sur les associations,
    * l’arrêt de la discrimination illégale frappant les syndicats autonomes,

    * l’allégement des procédures de création d’une association dont le nombre d’associés peut être ramené à cinq,
    * la mise en place d’un organisme indépendant de conseil et de contrôle chargé également d’apprécier les demandes de subvention,
    * l’exonération des taxes et droits de douanes pour les dons venant de l’étranger en faveur des associations,
    * la levée des entraves dressées par le ministère de l’intérieur devant les initiatives de coopération décentralisée (dons extérieurs, jumelage…).
    *

    Le RCD favorise le recours au mécénat national et international.

    VI.3/ LES MEDIAS :

    Hormis la diminution des attentats terroristes ciblant les journalistes, la corporation des médias a vécu sous le règne de Bouteflika un harcèlement policier et judiciaire sans précédent.

    Jamais l’opposition démocratique n’a subi un aussi long bannissement des médias publics notamment lourds (radios et télévision).Non content de s’approprier les chefferies de rédaction des médias publics, le pouvoir a suscité une multitude de titres à ligne politique parapublique tout en œuvrant sans relâche à la soumission de la presse privée, en jouant notamment du monopole de la manne de la publicité étatique.

    A l’inverse de la tendance universelle, le secteur de l’audio visuel est déclaré fermé à toute liberté d’entreprise.

    La ligne éditoriale de la presse doit être autonome et échapper totalement à l’emprise de l’Etat. Celui-ci doit, cependant, veiller à garantir tous les moyens de développement de ce secteur. Les propos doivent, néanmoins, être compatibles avec les valeurs universelles et les droits de l’Homme. Les discours ségrégationnistes, racistes et xénophobes doivent être sanctionnés.Il appartient au Conseil de l’éthique, composé de membres élus de la corporation, de veiller au respect de ces valeurs.

    Le RCD qui s’est toujours tenu aux cotés des journalistes dans la difficulté, agit pour matérialiser les revendications démocratiques suivantes :

    * consacrer la liberté de presse dans la constitution,
    * adopter un code de l’information qui garantisse la crédibilité de l’information et la protection du journaliste dans l’exercice de ses fonctions,
    * dépénaliser les délits de presse,
    * ouvrir le secteur audiovisuel à la libre initiative des opérateurs économiques sur la base d’un cahier des charges,
    * mettre en place un Conseil supérieur de l’audiovisuel indépendant en vue de garantir l’impartialité des chaînes publiques ainsi que la prise en compte du pluralisme politique,
    * mettre en œuvre une politique de maîtrise et de large démocratisation de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication,
    * abroger toute discrimination linguistique en matière d’information et de programmes audiovisuels publics en procédant au lancement de télévisions régionales publiques notamment.

    VII / UNE SOCIETE DE PROGRES SOLIDAIRE

    Parti de centre gauche, le RCD milite pour une société de progrès fondée sur les valeurs de rationalité, de solidarité et de développement.

    VII.1/L\’ENSEIGNEMENT, LA FORMATION ET LA CULTURE :

    L’enseignement et la formation : l’établissement, pour la 1ere fois, d’un diagnostic et la définition d’une réflexion pertinente en matière de réforme du système éducatif, sont victimes des atermoiements et des reniements continus induits par l’instabilité et l’incertitude qui imprègnent la démarche présidentielle. Après une velléité de réforme, l’école algérienne est aussitôt rattrapée par les constantes d’un arabo islamisme d’apparat ; tandis que les enfants des dirigeants acquièrent le savoir à l’étranger.

    L’éducation doit être libérée pour rester en accord avec les textes régissant les droits de L’Homme. L’école privée doit côtoyer le secteur public. Ce dernier, déchargé de l’encombrement auquel il est aujourd’hui soumis, pourra redémarrer une politique éducative de liberté et de progrès.

    Le développement économique et social d’un pays s’inscrit,dans sa totalité, dans la maîtrise par le plus grand nombre des hautes technologies. C’est précisément à ce niveau que notre pays accuse le déficit le plus handicapant. A titre de comparaison, moins de 10% des élèves algériens obtiennent au bout de leur cursus ; le diplôme du baccalauréat et 5% un diplôme supérieur, alors que ces taux sont respectivement de 80% et 50% dans les pays développés qui bénéficient, en plus, d’une formation qualitativement supérieure.L’exclusion scolaire approche les 400 000 élèves par an.

    Résorber ce déficit exige une réforme en profondeur de tous les paliers du système de formation : enseignement fondamental, secondaire, professionnel ou supérieur. Assurer l’égal accès à la formation est une garantie contre l’exclusion sociale.

    Au vu de l’expérience accumulée, des principes directeurs de cette réforme peuvent être dégagés pour que l’Algérie puisse réhabiliter son école et son université. Il s’agit de :

    * porter immédiatement le budget consacré au secteur de la formation au moins à 15% du PIB. Le chiffre courant dans les pays développés est de 10%, mais la proportion de jeunes dans ces pays est bien plus faible et le nôtre accuse un retard considérable,
    * multiplier les partenariats avec les institutions de formation, les universités et les laboratoires de recherche étrangers,
    * réintroduire les langues française et anglaise dans le cursus de formation, avec un volume horaire plus élevé et des enseignants plus qualifiés,
    * refondre les programmes d’enseignement pour les adapter aux normes universelles,
    * introduire notamment dans le système éducatif, l’enseignement des droits de l’Homme, l’histoire des religions et le respect de l’environnement,
    * valoriser la formation professionnelle afin d’améliorer en quantité et en qualité son produit et l’adapter à la demande du secteur productif,
    * élaborer un statut social valorisant et motivant au plan moral et matériel à toutes les catégories d’enseignants,
    * élaborer et mettre en œuvre un plan national de formation continue et de recyclage au bénéfice des enseignants,
    * faciliter le recours à la coopération pour combler les déficits éventuels dans certaines disciplines,
    * reconnaître l’autonomie de l’institution universitaire et démocratiser sa gestion,
    * moderniser les centres de formation professionnelle de manière à leur permettre de se hisser au niveau de qualification requis par une économie moderne.

    Le rcd appelle à la constitutionnalisation de la mission républicaine et scientifique de l’école.

    La Recherche scientifique doit atteindre un double objectif. La recherche fondamentale sans application pratique immédiate permettra d’entretenir la réflexion et la production intellectuelle pour arrimer l’Algérie aux pays développés.

    La recherche appliquée doit être orientée. Chaque Région, entreprise privée ou publique pourra imprimer une direction de recherche dans un secteur spécifique, à condition qu’elles en assurent elles mêmes le financement.

    La culture : Le développement de la culture est tributaire des conditions objectives et subjectives dans lesquelles elle évolue.La liberté est sa mère génitrice et la société est son lieu naturel d’épanouissement. Le terme même de culture suppose une liberté d’action et de parole sans restriction. L’indépendance de la création à l’égard du pouvoir politique est indispensable.

    L’Algérie a été installée durablement dans la misère culturelle par un système politique qui cultive l’allégeance au lieu d’encourager la créativité, qui réécrit l’histoire après l’avoir confisquée et qui préfère le charlatanisme à la raison et l’unicité à la diversité.

    Le patrimoine archéologique et architectural doit être du seul monopole de l’Etat. Ce dernier doit également, être fortement présent, à coté du privé, dans toutes les activités culturelles à promouvoir et à subventionner. Les musées, l’activité théâtrale et éditoriale, l’activité cinématographique, ne doivent pas être gérées avec le seul souci du gain.

    Le secteur de la culture doit bénéficier d’un budget conséquent et se professionnaliser. On ne naît pas libraire ou éditeur. La politique du livre doit être repensée. Les jeunes auteurs nationaux seront encouragés par des aides à l’édition et à la distribution, les traductions d’œuvres développées. L’importation du livre et des matériaux et matériels nécessaires à sa fabrication doit être exonérée de toute taxe.

    Les instruments pédagogiques et culturels sont considérés comme produits de première nécessité.

    L’Etat doit encourager le mouvement associatif du secteur de la culture.

    L’enseignement de l’histoire et la recherche dans le domaine de la culture seront réhabilités et soustraits à toute instrumentalisation partisane.

    Le RCD considère comme un impératif vital la levée de toute contrainte ou ségrégation et l’ouverture sur l’universalité.

    La politique linguistique : trois langues principales composent le champ linguistique algérien. Tamazight, Arabe et Français font partie des réalités de notre société. Cette diversité est une richesse nationale. Chacune de nos langues témoigne de notre identité et de notre histoire.

    Si la langue française, langue de travail, a statut de langue étrangère, Tamazight, langue nationale doit bénéficier du statut de langue officielle selon le principe de territorialité. Autrement dit, elle sera co-officielle aux cotés de l’Arabe dans les régions où existe une demande sociale.

    En matière de langue amazigh les pouvoirs publics sont interpellés pour la mise en place d’une politique de standardisation et de normalisation conduite par l’université.

    VII.2/ LA JUSTICE SOCIALE

    Avec un baril à 70 dollars en 2006 et des réserves financières de 70milliards de dollars, l’Algérie compte 12 millions de personnes qui vivent avec 2 dollars par jour. Emeutes et grèves durement réprimées jalonnent les dernières années.

    Le chômage bat son plein alors que le pouvoir prétend l’avoir ramené à moins de 15%. Pire que tout, 64% des chômeurs se droguent.

    Les classes moyennes on été laminées tandis qu’on assiste à une forte concentration d’énormes revenus entre les mains d’une oligarchie. Le SNMG est équivalent à 100 euros pour un PIB/habitant de 3000 dollars alors qu’il est respectivement de 150 euros pour 2600 dollars en Tunisie et de 200 euros pour 2000 dollars au Maroc, avec un pouvoir d’achat des trois monnaies comparable . Une étude de l’UGTA, syndicat qui ne peut être suspecté d’hostilité politique vis-à-vis du pouvoir, chiffre les besoins minimaux d’une famille de 7 personnes à 24790 DA le mois. La faiblesse criante des salaires des travailleurs ne peut même plus être compensée par une solidarité familiale qui tend à se rétrécir.

    Depuis les années quatre vingt, on assiste à une diminution continue de la part de la rémunération du travail dans la production. Selon les chiffres mêmes de l’ONS, le rapport capital- travail est de 30 à 35% alors qu’il est de 60 à 65 % dans les pays développés . La part de la masse salariale en 2004 (20,4%)est même inférieure de 4,2 points à celle de 1992 alors qu’elle est de 37% en Tunisie et de 59,1% à son niveau le plus bas ( en 2000) en France.

    L’exclusion sociale règne. L’absence d’un projet de développement chez les dirigeants se conjugue à la gestion clientéliste de la rente pétrolière et à l’institutionnalisation de la corruption pour aboutir à une véritable privatisation de l’Etat.

    Le RCD condamne cette politique de contre développement imposée à la Nation et lutte pour que l’Etat assume enfin sa fonction sociale.

    Le RCD appelle à la réforme de l’organisation de la protection sociale dans un objectif d’équité au bénéfice des couches les plus démunies et de meilleur contrôle de la dépense sociale.

    Le RCD préconise :

    * un relèvement général des salaires, particulièrement ceux des personnels de la fonction publique, dont les charges sociales doivent également être allégées,
    * une amélioration substantielle des pensions allouées aux handicapés qui doivent se voir réserver un quota raisonnable dans l’accès à l’emploi,
    * l’harmonisation du système de retraites dont le seuil minimal doit pouvoir permettre une vie décente,
    * une baisse consistante du train de vie de l’Etat,
    * la mise en place d’une politique de promotion du mouvement associatif à caractère social et humanitaire, qui permette de seconder efficacement les pouvoirs publics.

    VII.3/ LA JEUNESSE :

    La jeunesse algérienne vit un marasme profond. Exclusion scolaire, absence d’emploi et de logement, éclatement de la cellule familiale, absence de loisir hormis l’évasion crée par les cybercafés, sont son lot quotidien. La drogue et l’alcool font des ravages au moment où le pouvoir annonce démagogiquement une prétendue baisse du chômage.

    Le RCD exige la définition d’un plan Marshall en direction de cette couche majoritaire de la population en vue de lui assurer les droits à la formation, à l’emploi, à la culture et aux loisirs.

    Le RCD appelle à l’implication des jeunes dans la vie institutionnelle et politique.

    VII.4/ LA FEMME :

    Au passé comme au présent, la mémoire millénaire de l’Algérie témoigne d’une histoire marquée par une constellation de figures féminines emblématiques.

    L’indépendance confisquée : après avoir pleinement participé à la libération nationale, le régime du « socialisme spécifique »allié aux tenants d’un arabo islamisme misogyne spolie la femme de la victoire commune en la spoliant de ses droits et en l’enserrant, depuis 1984, dans un code de statut personnel féodal. Ecole et médias du régime s’allient aux islamistes pour rendre la femme responsable de tous les maux en violation de la constitution qui consacre le principe de l’égalité des sexes.

    Le code de la famille de l’après indépendance rappelle le sinistre code de l’indigénat de l’Algérie coloniale.

    Pourtant, la mobilisation de la femme sera encore déterminante dans l’issue de la bataille patriotique contre le terrorisme.

    L’algérienne connaitra l’égorgement, le mariage de jouissance et les bombes de l’Islam politique. Violences conjugales, abandons de familles, interdictions d’étudier, de travailler, de sortir, répudiation unilatérale, perte du logement conjugal et refus de pension alimentaire sont le quotidien de milliers d’Algériennes.

    Seules 18 % des personnes actives sont des femmes et 66% des 4 241 556 analphabètes sont aussi des femmes. Selon l’O.N.S, la mortalité maternelle s’élève à 117 / 100 000 naissances vivantes (2/100 000 en pays développé).

    L’irruption sociale de la femme : Cet apartheid ne découragera pas la femme dans la quête de son émancipation sociale, économique et politique. Malgré ce sectarisme l’algérienne se bat dans tous les secteurs réussissant à accéder à de nombreux métiers : chauffeur de bus, conducteur de train, pilote d’avion de chasse, avocate, médecin, fellah, chef d’entreprise, enseignante… Dans l’université, les nouvelles étudiantes sont majoritaires depuis 2 ans. Il en est de même dans le système de santé où elles représentent 52,22% alors qu’elles sont déjà 43,96% dans l’éducation nationale et 26,57% parmi les magistrats. Ces chiffres prouvent si besoin est , d’une part , la détermination de la femme à s’émanciper et ,d’autre part, que la majorité de la société n’est pas opposée au processus historique inévitable d’émancipation de la femme. C’est bien le pouvoir et non la société qui a fait de l’exclusion de la femme un choix stratégique.

    L’infime représentation politique : Après avoir marqué, dans les années soixante dix et quatre vingt son refus de la régression, le jeune mouvement féminin ne cessera de remettre à l’ordre du jour la question de la femme et de revendiquer, en vain, l’abrogation d’un statut infamant.

    Le champ politique ne reflète malheureusement pas son irruption dans l’espace social. Représentant environ 50% du corps électoral, les Algériennes totalisent un taux de représentation de 4,5% sur les 9 législatures si l’on excepte le pic de 10% atteint dans le Conseil consultatif national de 1992 de feu le Président Boudiaf.

    Les derniers amendements apportés au code de la famille sont un leurre qui ne fait que souligner aux yeux de l’opinion nationale et internationale, notre grand retard sur nos voisins immédiats. Le Maroc a révisé la Moudawana avec une volonté officielle d’accompagner l’Histoire.

    L’incontournable égalité : La bataille de l’égalité homme-femme est un jalon fondamental de la construction de l’Etat de droit.

    Pour le RCD, le changement passe par :

    * l’abrogation du code de la famille et de tout texte discriminatoire et la promulgation de lois égalitaires,
    * l’interdiction de la polygamie,
    * la levée de toutes les réserves émises par l’Algérie à l’encontre des conventions et chartes internationales ratifiées dont notamment la CEDAW (Commission onusienne pour l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes),

    * la ratification de tous les textes internationaux relatifs aux droits de la personne humaine,
    * l’encouragement des femmes à adhérer aux partis politiques et l’élimination de tout obstacle à leur promotion à des postes de responsabilité,
    * la promotion du mouvement associatif féminin autonome,
    * l’interdiction et la sanction sévère des violences conjugales et de toute discrimination dans le droit à l’emploi, au logement, à l’instruction,
    * une politique publique de régulation des naissances,
    * l’élimination des dernières résistances à l\’instruction des filles,
    * la revalorisation de l’image de la femme dans le manuel scolaire.

    Le RCD qui a toujours été à l’avant-garde du combat pour les droits de la femme, appelle solennellement les pouvoirs publics à proclamer officiellement l’objectif de la parité dans l’accès aux postes électifs et politiques avec un échéancier de réalisation progressif.

    Le RCD considère que les droits et libertés conquis dans le monde par la femme sont un acquis majeur de l’émancipation de l’humanité.

    VII.5/ LA SANTE :

    Le délabrement du système national de santé s’accentue sans cesse. Il est victime de l’insuffisance des fonds publics, de la corruption, de la mauvaise gestion, de l’incompétence et, pire, d’une formation médicale et para médicale au rabais et qui hypothèque dangereusement l’avenir de la santé publique.

    Le rapport des Nations Unies sur le développement humain pour l’année 2005 classait l’Algérie au 103 ème rang sur 177 pays derrière la Palestine qui vit pourtant n drame national.

    La situation sanitaire ne cesse de se dégrader. Outre l’échec dans la prise en charge des pathologies lourdes et chroniques (cancer, insuffisance rénale, poly-traumatisme, hypertension, diabète,…), des infections et épidémies liées à la pauvreté (tuberculose, leishmaniose…) ressurgissent alors que l’on abandonne certains programmes de prévention (infections liées à la pratique médicale, sites de veille contre les risques chimiques et biologiques…).

    La couverture sanitaire inchangée depuis vingt ans (loi de 1987) et la tarification aléatoire des remboursements des actes et produits médicaux sanctionnent lourdement les couches démunies, en particulier les citoyens du Sud du pays.

    Saignée par l’exil de milliers de praticiens et souffrant de chômage, la corporation médicale voit continuellement remis en cause son droit d’organisation (Conseil de l’ordre sous tutelle, refus de négocier avec les syndicats autonomes..).

    La production et consommation de médicaments génériques restent parmi les plus faibles au monde (rapport OMS). L’Algérie a mis sept ans à finaliser un projet de production d’insuline.

    Une réforme urgente : le RCD considère qu’il est urgent d’engager un processus de réforme mobilisant les différents acteurs et répondant aux besoins des populations, aux mutations sociales diverses et aux défis technologiques et scientifiques actuels. Il s’agit de mettre en place un système national de santé préventif et curatif performant selon les principes et mécanismes ci-après :

    * garantir par l’Etat du droit à la santé sur toute l’étendue du territoire national,
    * remise à niveau de la dépense nationale de santé en l’alignant au minimum sur la norme OMS,
    * l’action préventive et la prise en charge effective des populations précaires et à risque sont un devoir permanent des pouvoirs publics. Cela inclut les actes médicaux directs (vaccination, médecine du travail, régulation des naissances, santé mentale, santé reproductive, lutte contre la toxicomanie, le tabagisme, et l’alcoolisme) et des actions publiques en amont de l’instance médicale (hygiène médicale, qualité de vie, planification démographique, nutrition, écologie de l’environnement, éducation sportive dès l’enfance, sécurité routière, réduction de la pauvreté …),
    * mise en place d’hôpitaux régionaux constitués en pôles d’excellence et multiplication des structures sanitaires de proximité,
    * institution d’un système fiable de recueil, d’analyse et de traitement de l’information en matière de santé publique,
    * promotion de nouvelles formes et sources de financement de la santé publique (entreprises, assurances économiques, …) en redéfinissant notamment le système de conventionnement avec l’organisme de sécurité sociale,
    * en attendant de finaliser une réforme sérieuse des cycles fondamental et secondaire de l’éducation nationale, préparation des candidats aux études de médecine, à travers une année d’enseignement des langues française et anglaise,
    * réhabilitation de la recherche médicale,
    * encouragement de l’intervention d’équipes médicales étrangères performantes dans des domaines non encore maîtrisés par les praticiens nationaux, en vue de réduire le coût des soins à l’étranger et de stimuler le transfert du savoir faire,
    * promotion de la coopération médicale notamment dans l’aire méditerranéenne, le Maghreb et l’Afrique,
    * amélioration de la situation socioprofessionnelle des personnels de la santé, toutes catégories confondus, par la mise en œuvre de statuts particuliers motivants et d’un plan de formation continue,
    * promotion de l’industrie pharmaceutique ainsi que celle des consommables et équipements médicaux par des mesures incitatives diverses. Celles ci doivent être consacrées pour permettre une couverture sérieuse du pays en matière de services de radiologies et analyses diverses,
    * résorption du chômage du personnel médical par la mise en œuvre d’une carte sanitaire couvrant plus densément le territoire national et, en particulier,les régions des Hauts plateaux et du Sud, ainsi que des mesures novatrices (institution d’un bilan de santé systématique périodique, exonérations fiscales …),
    * réhabilitation des conseils de l’éthique et de la déontologie.

    VII.6/ L’EMIGRATION :

    L’émigration est née d’une situation historique particulière qui a fait d’elle la cheville ouvrière de la lutte pour le recouvrement de l’indépendance nationale.

    Aujourd’hui, ce phénomène social a connu de profondes mutations avec une tendance générale des émigrés à se fixer dans les pays d’accueil où ils s’intègrent de plus en plus tout en restant attachés à leurs racines algériennes.

    Le RCD qui a toujours milité pour une forte présence de l’émigration dans la vie du pays, la considère comme une richesse et un atout stratégiques.La binationalité est un fait historique et social qu’il convient de transformer en passerelle entre les peuples au lieu de le diaboliser comme le fait le national populisme.

    Le RCD appelle à mettre en place une politique audacieuse et pérenne qui permette à notre communauté établie à l’étranger, de participer efficacement au développement du pays et à la décision nationale et lui garantisse la protection de sa dignité et de ses intérêts dans les pays d’accueil à travers :

    * des mécanismes institutionnels qui permettent à la communauté scientifique installée à l’étranger de participer au développement de l’université algérienne,
    * la mise en œuvre de mesures incitatives spéciales (fiscalité, crédit, foncier industriel…) au bénéfice des opérateurs émigrés,
    * l’instruction des représentations diplomatiques nationales pour informer les opérateurs émigrés aussi bien pour les opportunités économiques nationales qu’étrangères,
    * l’encouragement, notamment par des subventions, de l’action du mouvement associatif de la communauté émigrée,
    * la création, à l’étranger, d’une banque mixte entre l’Etat algérien et des opérateurs émigrés pour faire fructifier l’épargne de l’émigration,
    * la mise en place d’une politique culturelle à l’étranger qui permette l’intégration et l’accomplissement de la communauté émigrée par rapport à sa culture d’origine.

    VIII/. L’ECONOMIE :

    Le RCD est un parti social démocrate acquis aux vertus de l’économie de marché régulée par un Etat crédible qui a le souci concret de la justice sociale et qui veille aux grands équilibres de l’économie nationale

    La liberté d’entreprendre, la concertation, la transparence et l’insertion intelligente dans la division internationale du travail sont les mécanismes les plus adaptés pour permettre à l’Etat d’exécuter une politique de développement économique et sociale à la mesure des attentes et potentialités nationales.

    La Banque centrale doit être autonome pour garantir la crédibilité de la politique financière du pays.

    La question du modèle de développement reste d’une pertinente actualité.Elle doit être discutée dans la concertation et émaner d’un consensus national qui précise les projections à court, moyen et long terme.

    VIII.1/ L’ALGERIE DANS LA GLOBALISATION :

    Dix sept ans après la consécration officielle de l’économie de marché, l’Algérie reste otage, en matière de choix économiques d’un pouvoir miné par les mœurs du socialisme spécifique d’antan. Les refus de sortir du système de rente et de tenir compte de la globalisation et de la mondialisation des échanges et de l’économie figent le pays dans un statu quo dévastateur.

    La possession et la maîtrise de l’innovation sont, aujourd’hui, au cœur de la compétitivité. La production de richesses est tributaire d’informations diverses et complexes. Mais il faut surtout se garder de renoncer à toute ambition industrielle comme le suggère une interprétation erronée de la mondialisation de l’économie. L’industrialisation demeure un facteur déterminant de diversification du système national de production et de hausse des niveaux de vie et de productivité du travail.

    Le RCD considère que pour un pays sans capacité organisée d’innovation et au vu de l’aléatoire transfert de know how par le mécanisme des IDE, l’Algérie doit faire appel à des alliances industrielles avec des entreprises étrangères détentrices de technologie probantes (sous- traitance, joint venture, acquisition de licences…). Les secteurs des hydrocarbures, de la chimie, de la pétrochimie, de l’agriculture et du tourisme constituent des priorités en matière d\’investissement.

    Sans négliger l’agriculture, il y a lieu de poursuivre la substitution à l’importation par une véritable mise à niveau du capital humain et physique des entreprises couplée à l’encouragement de nouveaux investissements et une réorientation des profils de formation, le tout en tenant compte des conditions de la compétitivité et de l’exportation ultérieures.

    Le RCD préconise d’orienter également l’économie nationale vers la maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que vers celle des métiers stratégiques que sont devenus l’audit,le conseil, l’investigation,l’assurance et la finance

    VIII.2/ DES REFORMES DE STRUCTURES INCONTOURNABLES :

    L’économie nationale est saignée par l’immobilisme d’un pouvoir dont la nature sociale interdit toute réforme structurelle pouvant, à terme, assécher les mamelles rentières auxquelles il s’abreuve. Avec une aisance financière jamais égalée dans son histoire, l’Algérie a plongé dans une économie de bazar gangrenée par une corruption institutionnalisée.

    Par sa productivité, le pays est classé à la 85eme place sur 93 pays en 2004. Notre PIB, supérieur à celui du Portugal, en 1985, représente aujourd’hui 1/7 de celui du même pays. Le montant de prés de 5 milliards de dollars atteint par les IDE ne peut faire illusion car il concerne surtout le secteur pétrolier et n’induit aucune installation durable dans d’autres secteurs tout comme il est quasiment couvert par le montant des exportations des profits des sociétés étrangères.

    L’échec du pouvoir à conduire à bon port la seule opération des privatisations renvoie à l’absence de stratégie industrielle,à un instrument bancaire archaïque,à l’absence d’institution d’arbitrage crédible ,au non assainissement du patrimoine des entreprises et à la dévaluation du mécanisme d’expertise. Ces contraintes cachent également mal l’opposition de couches bureaucratiques prédatrices.

    La performance de l’outil bancaire est au centre du développement économique.

    L’entreprise est le pivot du développement économique et du progrès social. La question de la propriété juridique de l’entreprise n’est pas une panacée.L’important est d’éliminer toute discrimination public-privé, d’observer les règles de la commercialité et de créer de l’emploi.

    Aucune stratégie de développement sérieuse ne peut ignorer les paramètres qui font la réussite des pays avancés, à savoir :

    * une formation à la maîtrise des hautes technologies,
    * des salaires élevés rétribuant une productivité élevée,
    * un niveau d’investissement conséquent et une maintenance à toute épreuve,
    * une propension à l’intégration rapide de toute innovation doublée d’une capacité de novation importante,
    * la disponibilité d’un vaste marché interne ouvert sur l’extérieur.

    Ces facteurs ne sauraient être du ressort exclusif des opérateurs privés nationaux ou étrangers lesquels profilent la division internationale du travail en fonction des seuls intérêts de leurs firmes. Il appartient à l’Etat de veiller à leur réunion par :

    * la récupération et l’usage intelligent de ses prérogatives de puissance publique,
    * la mise en œuvre d’une politique de protection sociale efficace,
    * la garantie de la liberté d’entreprendre pour tous les opérateurs quel que soit leur statut juridique public, privé, national ou étranger tout en assurant une présence publique dans les secteurs stratégiques,
    * le respect du droit syndical et la garantie de son pluralisme,
    * la publication régulière des comptes des grandes entreprises publiques et privées (Sonatrach, Banque d’Algérie et autres intermédiaires financiers…) ainsi que les bilans de toutes les institutions publiques (APN, ministères…),
    * la mise en place d’un appareil crédible de collecte, de traitement et d’analyse des données socio économiques au bénéfice des opérateurs,
    * l’établissement d’un partenariat stratégique entre l’université et le secteur économique pour favoriser une politique de recherche –développement,
    * la réhabilitation du Conseil national économique et social dans ses missions d’étude de la conjoncture et d’institution indépendante de libre débat économique.

    Au plan macro économique, il y a lieu de :

    * limiter le déficit budgétaire à moins de 4% du PIB, seuil au-delà duquel les effets de l’inflation deviennent pervers,
    * mettre fin aux facilités immédiates qui grèvent les droits et chances de générations futures,
    * augmenter le rendement de l’appareil fiscal pour porter progressivement les recettes budgétaires hors hydrocarbures à 40% du PIB, a norme des pays développés,
    * octroyer une importante autonomie à la Banque d\’Algérie pour lui permettre une maîtrise de l’inflation et une gestion rationnelle des réserves de change et surtout une politique de crédit transparente et incitative pour le développement,
    * exécuter une vaste opération de mise à niveau des entreprises publiques et privées pour leur permettre de faire face à la concurrence internationale,
    * diminuer, de manière drastique, les dépenses de prestige et de pouvoir de l’Etat, notamment celles liées aux moyens de répression,
    * instaurer une justice équitable, rapide et au fait du droit moderne des affaires, condition d’une insertion profitable dans le marché international,
    * promouvoir une réforme fiscale qui vise à moderniser l’impôt et répartir équitablement les charges entre les contribuables,
    * Structurer une administration qui oriente au lieu d’ordonner et qui accompagne l’investisseur au lieu de le ponctionner.

    VIII.3/LES SALAIRES, LA PRODUCTIVITE , L’EMPLOI ET LA CROISSANCE ECONOMIQUE :

    La maîtrise des hautes technologies ne peut se satisfaire de bas salaires ni d’une économie de rente.Dans une logique de pouvoir, l’Algérie a ,depuis l’indépendance ,opté pour une économie de rente qui maximise les surplus financiers au détriment des salaires ,débouchant , à terme, sur le blocage généralisé actuel .

    L’érosion du pouvoir d’achat et une dévaluation insidieuse et continue du dinar ont divisé par près de dix la valeur du SMIG par rapport à son homologue de l’Europe de l’Ouest et généré l’exode des compétences au moment où la mondialisation aligne les prix.

    Relever substantiellement les salaires est clairement, aujourd’hui, une exigence du développement.

    Cela passe par :

    * La réduction du train de vie de l’Etat,
    * L’amélioration des performance et productivité de l’entreprise,
    * La lutte contre l’évasion des capitaux (évaluée à plus de 20% de nos importations) et contre la fraude fiscale,
    * La lutte contre la corruption.

    Ces mesures permettront de tripler la part des salaires dans le PIB pour approcher la norme d’une économie de développement.

    Objectif permanent de l’économie, la croissance se mesure aussi bien en termes financiers qu’en termes sociaux et environnementaux.

    VIII.4/ LE ROLE REGULATEUR DE L’ETAT :

    L’Algérie doit arrêter la valse entre l’ultra libéralisme et l’ultra interventionnisme de l’Etat. Le tout Etat d’antan a installé la culture de la bureaucratie et généré une tendance à la corruption que la non gestion économique de l’ère Bouteflika a démultiplié au point de bloquer tout décollage de l’économie en pleine ère d’aisance financière.

    Pour le RCD, l’Etat régulateur doit intervenir pour libérer le marché en y assurant le libre accès aux agents économiques, l’encadrer en protégeant les intérêts stratégiques de l’économie nationale ou le corriger en le préservant des monopoles et en veillant à la dignité des conditions de travail et au respect de l’environnement.

    Seul à posséder une importante manne financière à l’origine identifiée, l’Etat est aussi clairement sollicité pour faire rattraper au pays le retard pris en matière de grosses infrastructures et de secteurs stratégiques (routes, rails, ports et aéroports, barrages, énergie), de logement, de formation de haut niveau, de santé et enfin de conditions institutionnelles, politiques et sociales favorables au bon fonctionnement de l’économie.

    L’Etat doit d’autant plus garantir un bon fonctionnement du marché que l’Algérie est un pays où les choix et réformes structurants demeurent inaccomplis (définition d’une politique industrielle et d’une politique économique de l’emploi, réformes économique, financière et administrative …).

    Tout est aussi dans la forme que prend la présence de l’Etat. Il faut substituer l’incitation, la souplesse et la flexibilité à la contrainte.

    VIII.5/ L’AGRICULTURE :

    Exportatrice de produits agricoles, hier seulement, lors de la période coloniale, l’Algérie vit dans une dépendance alimentaire de plus en plus pesante pour son économie voire dangereuse pour sa sécurité nationale.

    La faillite agricole : Depuis les Décrets de mars 1963 jusqu’au Plan national de développement agricole des années 2000, en passant par les différentes étapes de la Révolution agraire, et la réorganisation des DAS puis la redistribution des terres agricoles du domaine national en 1987, toutes les tentatives de mise en œuvre de politiques agricoles n’ont fait qu’aggraver la situation alimentaire du pays( les importations dépassent les trois milliards de dollars dont 700 millions en lait et produits laitiers). Depuis 1994, le pouvoir est obligé de recourir à la publication de fausses performances de production agricole pour justifier les dépenses englouties.

    Les preuves de la faillite de la stratégie agricole du régime sont légion à l’exemple du choix d’une industrie laitière à partir de poudre importée, du développement d’une aviculture totalement dépendante de l’importation, de l’arrachage du vignoble qui était un capital productif inestimable, de la suppression des cultures industrielles et de l’arrêt des exportations d’agrumes et autres produits agricoles vers l’Europe.

    Dans le même contexte, l’application scélérate de la loi 87/19 et de la circulaire du 24 Octobre 1996 ont permis la dilapidation du foncier public agricole au profit des barons du pouvoir.

    La mission de l’agriculture de l’agriculture, pour le RCD, est la couverture de la plus grande partie possible des besoins alimentaires et la garantie de conditions de vie, d’activité et de revenu acceptables pour une frange relativement importante de la population.

    Ce secteur doit donc bénéficier d’une attention particulière des pouvoirs publics.

    Le RCD qui a toujours été aux cotés de la paysannerie fait du respect de la ruralité une priorité.

    Pour le RCD la définition d’une stratégie de développement agricole est un passage obligé pour sortir ce secteur de l’enlisement.

    La solution de la question du foncier agricole est une priorité pour protéger ce patrimoine. Il y a lieu d’instituer un marché foncier par une loi d’orientation libéralisant l’activité agricole.

    La réforme nécessaire : Une telle politique de sauvetage devra nécessairement prendre en charge :

    * l’organisation de la société rurale en tant qu’élément moteur générateur de l’acte de production agricole conçu comme une activité économique à part entière,
    * l’organisation de l’environnement et l’aménagement du territoire dans le cadre de l’application des principes fondamentaux d’une politique de développement durable privilégiant l’Homme en tant qu’élément principal du milieu,
    * le classement et la protection effective du patrimoine foncier agricole,
    * la protection et le classement des milieux et des zones homogènes (steppes, montagne, et oasis), la reconstitution prioritaire des milieux dégradés et la protection du milieu forestier,
    * la privatisation des terres agricoles du domaine national,
    * la promotion de l’agriculture biologique comme facteur de développement de l’activité agricole destinée à l’exportation,
    * la Promotion des terroirs et la labellisation nationale de leurs productions,
    * la promulgation de dispositifs de soutien pour les productions prioritaires, telles que le lait, l’huile d’olive, les céréales, les dattes, les huiles végétales, la viticulture, l’élevage ovin et les productions de terroirs,
    * la promotion d’une politique d’intensification de la production agricole,
    * la reconstitution du vignoble et du verger agrumicole
    *
    * le développement de l’élevage ovin,
    * la promulgation de mesures incitatives pour le développement de l’exportation,
    * la reconstruction de la fiscalité agricole comme instrument de suivi et d’évaluation du secteur et de l’activité agricoles,
    * la promulgation d’une loi d’orientation et d’un code rural pour l’encadrement juridique de la profession agricole, l’organisation du marché foncier et des baux ruraux,
    * l’encouragement de l’investissement national et étranger par des dispositions comparables à celles des autres secteurs de l’économie nationale,
    * la promotion d’une politique de développement par la mise en valeur de terres, par l’économie de l’eau et de l’irrigation, en vue de permettre la constitution d’un secteur de production moderne et orienté vers l’exportation.

    Hydraulique : L’Algérie possède un potentiel de 14 milliards de m3 d’eau de pluie dont elle ne recueille que 2 milliards.

    Les fluctuations climatiques, la mauvaise gestion, la distribution anarchique, le gaspillage, l’absence de récupération, la mauvaise épuration, la grande limitation de la capacité de mobilisation nationale, telles sont quelques facettes de la grave problématique de l’eau en Algérie.

    Le RCD préconise la multiplication des barrages et des retenues collinaires comme une urgence stratégique nationale.

    VIII.6/ LE TOURISME

    Le tourisme est aujourd’hui la première industrie mondiale. En dépit d’un potentiel exceptionnel, l’Algérie est l’un des pays les moins performants dans ce domaine.

    Le retard pris en matière d’infrastructures et de services, aggravé par une volonté délibérée d’enfermer le pays dans un national-populisme sectaire, constitue un handicap qui ne peut être remonté à court terme.

    Le RCD préconise l’exploitation de niches touristiques spécifiques telles que le tourisme culturel grâce à un patrimoine archéologique privilégié et des parcs naturels sans équivalents dans le désert.

    Une formation de guides pourra aider à la mise en valeur et à la protection de ce patrimoine.

    A terme et pour éviter une concurrence qui la désavantagerait face aux autres pays, l’Algérie se doit de lancer une réflexion majeure pour un tourisme du 3 ème âge, plus sensible à nos atouts et qui représente un marché de plus en plus attractif du fait de l’élargissement constant de ces catégories sociales.

    L’objectif stratégique est de hisser ce secteur aux côtés des premières sources de revenus du pays.

    IX/ LE DEVELOPPEMENT DURABLE :

    L’humanité est rentrée dans une ère de développement économique sans précédent. La pauvreté est toujours endémique dans de nombreuses contrées et cette croissance économique pose de graves problèmes à l’écosystème de la planète.

    Le paramètre oublié : Nous constatons que les installations industrielles, l’urbanisation, l’habitat et autres infrastructures ont été gérées loin de tout souci de développement durable.

    En matière de pollution et de dissémination des déchets urbains, plastiques et effluents de tous ordres, la situation déjà critique s’aggrave de jour en jour.

    L’environnement est un laissé pour compte que cache mal les initiatives spectaculaires dont le pouvoir nourrit parfois certains shows médiatiques. Nos usines déversent 220 millions de m3 de rejets liquides vers les cours d’eau, les barrages et les nappes phréatiques tandis que les déchets solides sont évalués à 1,25 million de tonnes de l’industrie chimique et minérale.

    Plus de 90% des eaux usées sont expulsées directement dans la mer sans aucun traitement préalable. Un million d’hectares de forêt a disparu entre 1955 et 1997.

    Le milieu naturel ne cesse de se dégrader. L’avancée du désert s’accélère tandis que la steppe disparaît du fait du pacage anarchique et de la surexploitation de la nappe alfatière. Dans le Nord, l’érosion suit la déforestation.

    Le RCD adhère à l’appel lancé en 1987 par la Commission des Nations Unies pour aller vers un développement qui « répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

    Réconcilier écologie et économie : Il s’agit véritablement de réconcilier le développement économique et social, la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles à travers la mise en place d’une législation appropriée.

    Le RCD considère que la promotion de l’Homme et du milieu naturel constitue la finalité du développement.Il agit pour que les progrès scientifique et technique profitent à l’émancipation de l’Algérien sans attenter à son cadre naturel de vie.

    Pour le RCD, le développement durable doit viser trois objectifs : l’intégrité écologique, l’équité entre les nations, les individus et les générations et l’efficacité économique qui à, leur tour, nous appellent tous (citoyens, gouvernements, entreprises) à observer et poursuivre les objectifs et règles suivants :

    * intégrer, dans l’ensemble des actions des producteurs, la préoccupation du maintien de la vitalité et de la diversité des gènes, des espèces et de l’ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques (qualité de l’environnement, protection des espèces, lutte contre l’érosion, la désertification et la pollution des nappes phréatiques et du milieu marin…),
    * améliorer l’équité sociale par la satisfaction des besoins essentiels de la population (emploi, éducation, soins, logement, accès à l’eau) et la promotion des droits et libertés pour son insertion dans les processus de décision,
    * relever l’efficacité économique par la gestion optimale des ressources humaines, naturelles et financières et la responsabilisation des entreprises et des consommateurs (principes du pollueur payeur, internalisation des coûts environnementaux et sociaux économiques, fiscalité…),
    * oeuvrer à l’émergence de sources d’énergies renouvelables et propres. Disposant d’un territoire immense et ensoleillé les douze mois de l’année, l’Algérie est appelée à repenser la solution de l’énergie solaire à l’aune de la rentabilité du long terme.

    Le RCD propose d’intégrer dans les programmes d’enseignement le devoir de la protection de la nature.

    X/ LA SECURITE NATIONALE :

    Les transformations mondiales en cours depuis une décade (NTIC, internationalisation du terrorisme, globalisation de l’économie) commandent désormais de parler de sécurité nationale pour pouvoir englober la défense nationale, la protection de l’économie et la lutte contre les nouvelles menaces (cybercriminalité, grand banditisme, terrorisme…) et autres catastrophes naturelles.

    L’absence de stratégie : Préoccupé par le seul désir de pérenniser un régime moribond, le pouvoir a délaissé l’impératif de la mise en œuvre d’une stratégie de sécurité nationale comme le prouvent la gestion politique aléatoire du terrorisme, les inondations de Bab El oued, les séismes de Ain Té mouchent et de Boumerdés ainsi que certaines mini catastrophes industrielles (Arzew, Skikda…).

    L’interdépendance des problématiques : Pour le RCD ,la sécurité nationale ne saurait être isolée de l’état général de la société,de la nature de l’Etat,de notre position géographique et des enjeux stratégiques qu’impliquent nos intérêts nationaux bien compris.

    Une telle problématique ne peut être prise en charge que par une société et un Etat profondément réformés pour les insérer dans la voie de la rationalité et de la démocratie et dans une stratégie de développement cohérente et moderne. La situation exige également la révision de plusieurs législations et l’élaboration de nouvelles.

    La nouvelle économie : L’économie est un secteur déterminant de la sécurité nationale.La maîtrise des circuits et techniques d’information et de communication, le savoir faire technologique et scientifique, l’anticipation, la prévention et l’opérationnalité sont des paramètres importants de la sécurité nationale.

    La question de l’eau : Confrontée à une diminution continue de sa pluviométrie depuis trois décades, notre pays assure 600m3 /habitant/an au lieu du seuil minimal de la norme internationale des 1000m3/hbt/an . La situation est à ce point critique qu’elle constitue, pour le RCD, un problème relevant de la sécurité nationale du pays.

    L’immigration : La position géographique de l’Algérie entre l’Afrique pourvoyeur de populations migratoires et l’Europe contrée de leur destination, pose, au-delà de ces termes, un problème majeur de sécurité nationale sachant que les prévisions internationales s’attendent à l’arrivée, dans les 20 prochaines années, en territoire algérien, de 30 millions de migrants d’Afrique subsaharienne.

    L’immensité du territoire national et de ses frontières sud notamment interpelle les pouvoirs publics et appelle à la mise en place de mécanismes de contrôle humains en collaboration avec les pays du pourtour saharien et de l’U.E.

    La criminalité : La grande criminalité, jusqu’ici peu connue en Algérie, tend à se développer comme en témoignent des attaques à main armée, des saisies importantes de drogue, des kidnappings, des opérations de blanchiment d’argent ,l’ampleur des fuites de capitaux et surtout une corruption endémique

    L’armée : l’armée doit se désengager définitivement des jeux et enjeux politiques pour se consacrer à sa modernisation et à l’élévation de son niveau opérationnel en vue de devenir une armée de métier au service de la République.

    Les critères de compétence et de loyauté envers la République et la Nation déterminent l’organisation et le fonctionnement de l’armée.

    La mission de l’armée est la défense du territoire et des frontières nationales.

    Dans l’Etat unitaire régionalisé que prône le RCD, l’armée relève de l’Etat central.

    Pérennisé dans le cadre d’une stratégie de défense populaire, l’institution du service national doit être ramenée à 4 mois pour le soldat et 6 mois pour l’officier de réserve.

    XI/ L’ALGERIE DANS LE MONDE:

    Par la faute de la confusion politique et idéologique et de l’instabilité de la démarche politique officielle, l’image du pays à l’extérieur s’est dégradée. L’Algérie est perçue comme un simple champ d’énergie et un territoire comportant d’immenses zones potentielles d’insécurité. Le pouvoir n’a même pas su profiter de l’aura de la victoire sur l’intégrisme armé ni des révisions opérées par les occidentaux, après le 11 septembre2001. Avec des facilités confinant au bradage en matière d’investissement notamment, le très bas niveau des IDE est un indice révélateur de la fréquentabilité du régime.

    Ce dernier n’a pas pris toute la mesure des changements qui ont affecté le monde depuis les années quatre vingt dix. Au seuil de l’OTAN, notre pays renouvelle son armement russe. A l’orée d’un partenariat exceptionnel et stratégique avec la France, il signe un traité d’amitié avec la Turquie.

    XI.1/ LE DEVELOPPEMENT SOLIDAIRE, LA DEMOCRATIE ET LA PAIX INTERNATIONALE :

    Hormis le soutien aux mouvements de libération nationale et la défense, par le passé, d’une nécessaire refondation équitable des relations et échanges internationaux ,la politique étrangère de l’Algérie est le reflet de la politique de verrouillage et de répression multiforme en cours à l’intérieur.La démarche diplomatique du régime est dominée par la recherche permanente de protections internationales à coup de concessions politiques et économiques qui hypothèquent la souveraineté nationale. La non ingérence dans les affaires d’autres Etats cache souvent une solidarité avec des dictatures .La préservation de l’emprise bureaucratique sur la gestion de la rente pétrolière, sous couvert de nationalisme, souligne le caractère despotique et prédateur du régime.

    Dans un monde globalisé et profondément reconfiguré par une unipolarité durable, le RCD réaffirme que c’est de la légitimité du pouvoir national que dépend la crédibilité de sa diplomatie.

    En matière de politique internationale, le RCD milite pour que l’intérêt national soit le fil conducteur de la diplomatie algérienne. A ce titre, le RCD appelle les pouvoirs publics à repenser la carte de la représentation diplomatique de notre pays en fonction des exigences de notre politique étrangère et de nos relations économiques.

    Le RCD considère que le droit des peuples à disposer d’eux même est un fondement essentiel de la paix dans le monde.

    Pour le RCD, l’histoire, la communauté de destin de l’humanité ainsi que la nécessité vitale de préserver le milieu naturel commandent un développement économique solidaire entre le Nord et le Sud de la planète.

    Le RCD milite pour le désarmement généralisé à travers l’éradication des armes de destruction massive, notamment les armes nucléaires, biologiques et chimiques.

    Le RCD considère que tous les peuples sont éligibles à la démocratie qui n’est pas un luxe de riche.La régression et l’autoritarisme n’est pas des fatalités des sociétés musulmanes.

    XI.2/ LE SOUS CONTINENT NORD-AFRICAIN :

    La globalisation conduit inévitablement à la construction de grands ensembles régionaux. L’Algérie n’a pas d’autre choix que de s’intégrer dans son ensemble naturel : l’Afrique du Nord méditerranéenne, un existant historique annoncé par l’Etoile nord-africaine, largement consacré par la plate forme de la Soummam et réitéré par la Conférence de Tanger en 1958 qui faisait de la fédération du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie , un objectif immédiat parachevant leurs indépendances.

    L’UMA ne cesse de naître et de mourir par la faute de pouvoirs emmurés dans leurs crises de régimes respectives. Conçue sur le modèle d’un syndicat de chefs d’Etat, elle vit selon les humeurs et intérêts étroits des dirigeants.

    Les échecs passés doivent permettre de repenser l’avenir en terme d’identification de l’espace et de contenu du projet Nord africain. L’apurement du contentieux algéro- marocain, notamment le bornage des frontières, est vital pour les deux pays qui doivent laisser le conflit du Sahara Occidental trouver sa solution dans le cadre de l’ONU.

    La politique d’intégration nord africain doit être pragmatique et centrée sur des projets concrets et gérables, en particulier dans le domaine de l’économie.Les trois Etats doivent encourager leurs sociétés civiles et leurs opérateurs économiques à conclure des partenariats mutuellement profitables. A titre d’exemple, les primes d’assurance des trois flottes aériennes civiles seraient réduites considérablement si elles étaient contractées solidairement.

    En déléguant progressivement des segments de leur souveraineté, les Etats-nations permettront l’émergence d’une Afrique du Nord fédérale des régions qui est un ferment décisif pour le développement. La longueur de sa côte, sa position géographique, font de l’Afrique du Nord le point d’articulation entre l’Europe et l’Afrique d’une part, l’Europe et le Moyen Orient, d’autre part.

    La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux permettrait d’élargir le marché et de spécialiser les régions naturelles désormais structurées et émancipées.

    Cette fédération pourrait alors négocier dans de meilleures conditions avec les organisations financières ou commerciales internationales (FMI, OMC, BM) des projets qui dépassent, aujourd’hui, les capacités d’une nation et qui pourraient alors voir le jour pour diminuer progressivement notre dépendance vis-à-vis des puissances dominantes.

    XI.3/ LA COMUNAUTE DES ETATS PERISAHARIENS

    Possédant des frontières avec tous les Etats péri sahariens, l’Algérie a des obligations et des droits importants dans cette région. Notre pays doit faire de cette frontière un lien de coopération, de paix et de prospérité en oeuvrant, dans la concertation et la cogestion de cet espace intégrateur, à stabiliser, par le développement, les populations de ces contrées.

    Le RCD préconise la création d’une communauté des Etats péri sahariens (CEPS) où seront élaborés des projets solidaires touchant à l’environnement, l’économie, la sécurité, la culture et les questions migratoires.

    La réactivation et la réalisation du vieux projet de route transsaharienne est un facteur déterminant pour ce projet.

    XI.4/ L’EUROPE ET LES PUISSANCES INDUSTRIELLES :

    L’Algérie jouit d’une position géographique exceptionnellement favorable face à l’une des zones économiques les plus importantes dans le monde. Dans cet environnement, la France , l’Espagne et l’Italie sont aussi nos plus importants partenaires économiques. La Méditerranée occidentale regroupe des pays européens importants avec les Etats nord africains qui ont tous des accords d’association avec l’U E. Bassin naturel,cette construction peut constituer , à très court terme, un sous ensemble économiquement viable.

    Lieu de passage du phénomène migratoire en direction de l’Europe et elle-même touchée par ce problème, l’Algérie doit être s’associer pleinement dans les politiques d’aide au développement votées par l’UE pour stabiliser les flux migratoires.

    Outre l’Europe, la diplomatie algérienne a vocation à prospecter et développer des relations fondées sur la coopération équitable avec les puissances industrielles notamment les U.S.A, le Canada et le Japon.

    XI.5/ LA MEDITERRANEE :

    Berceau du monde et de la civilisation antiques, la Méditerranée notamment son bassin occidental a toujours imprégné notre histoire et notre culture et déterminé le devenir de notre pays.

    La Méditerranée a été longtemps déchirée par des conflits pour la plupart aujourd’hui apaisés mais dont le dernier, le conflit israélo-arabe, constitue une grave menace contre la paix. Le RCD considère que la satisfaction de la légitime aspiration du peuple palestinien à la création de son propre Etat et la restitution des territoires arabes occupés en 1967 par Israël, constituent le fondement d’une paix viable au Moyen Orient.

    XI.6/ L’AFRIQUE, LE MONDE ARABO MUSULMAN :

    Longtemps en tête sur la scène africaine, l’Algérie a perdu beaucoup de son influence dans cette région. Les évolutions notables enregistrées dans certains pays d’Afrique notamment en matière de démocratisation n’ont pas bénéficié de l’anticipation et de l’attention qu’elles méritaient. L’initiative du NEPAD est porteuse d’espoir pour les peuples africains si les régimes qui l’animent sont légitimes dans leurs propres pays et enregistrent quelques performances en matière de développement. L’Afrique du Sud et L’Afrique du nord peuvent constituer un binôme susceptible de concevoir et mettre en œuvre une politique de développement africaine sur les moyen et long terme.

    Pour des raisons géographiques, économiques, le volume des échanges avec le monde arabo musulman n’a pas suivi l’intensité é des déclarations politiques des dirigeants. Appelées à se libérer de régimes autoritaires, les sociétés commencent à produire des élites qui se mobilisent en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme. L’Algérie doit rester attentive à ces évolutions qui se passent dans une aire où se joue également une partie de son devenir.

    XI.7/ LES PAYS EMERGENTS :

    L’Algérie doit maintenir et approfondir des relations avec les pays émergents d’Amérique latine, d’Asie et d’Océanie dont les expériences peuvent être riches d’enseignement pour la gestion des mutations qui l’attendent.

    CONCLUSION

    Le RCD s’est imposé une règle cardinale : la franchise.

    Nous ne devons pas nous cacher la difficulté. Tout mouvement de redressement économique et social sera difficile tant le blocage politique bride toute initiative. Le régime en place depuis 1962 a lourdement spolié les richesses nationales et réprimé les énergies patriotiques.

    Corruption, fraude électorale ont discrédité l’Etat et dévitalisé la société.

    Il reste que des forces capables d’animer une épopée à la mesure des grands moments de notre histoire existent.

    La résistance citoyenne avait sauvé la nation au moment où les institutions cédaient devant le terrorisme.

    Le message d’espérance de feu le président Boudiaf a aussitôt réveillé la conscience des cadres et fait écho aux aspirations de la jeunesse.

    Dans un climat de glaciation politique, l’opposition démocratique se bat, défend et élargit les espaces de liberté et offre aux Algériens une alternative démocratique et sociale digne des valeurs de la Soummam.

    Ce programme est réaliste. Il organise les urgences et définit les projections pour une société de justice et de progrès. Enfin, les ressources à mobiliser pour lancer une dynamique de développement démocratique sont identifiées.

    Un régime légitime, crédible avec une vision claire peut réaffecter la richesse nationale aux développements de la Nation.

    Les cadres marginalisés ne demandent qu’à se mettre au service de leur pays.

    Une diaspora en nombre et en qualité appréciable peut accompagner notre projet avec dévouement et compétence si une représentation nationale légitime l’associe dans son programme.

    C’est dire que l’Algérie, en dépit de nombreux gâchis, a toujours les moyens nécessaires à la maîtrise de son devenir et de son rayonnement régional et international. Il faudra simplement que les citoyennes et les citoyens qui ont défendu et honoré la patrie créent les conditions d’une dynamique solidaire où ils se posent en alternative d’un régime dont la disparition est inscrite à l’horloge de l’histoire.

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