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    Cap sur une alternative démocratique (Résolutions du conseil national du RCD)

    Posté par rcdtubirets le 16 octobre 2010

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    Le conseil national du RCD s’est réuni le 14 octobre 2010  en session ordinaire à Zeralda. Il a eu à débattre : 

    • du bilan de la rentrée sociale et politique ;
    • de la situation sécuritaire nationale et régionale ;
    • de la situation internationale ;
    • du programme d’actions pour l’année 2010/2011.

    S’agissant de la rentrée politique et sociale, le RCD note que les décisions politiques prises récemment attestent toutes d’une volonté de fermer d’avantage la scène politique et médiatique. Cette démarche couplée aux traditionnelles provocations et autres manœuvres politiciennes qui ciblent la Kabylie confirment l’acuité des tensions claniques qui paralysent le sommet de l’Etat. 

    Le nouveau code communal achève de vider de sa substance la notion même de mandat de l’élu local. Ce dernier sera désormais assimilé à un sous fonctionnaire. L’objectif du pouvoir est clairement de mener une politique à contre courant de l’Histoire  en confisquant et en concentrant les prérogatives au moment où l’ensemble des nations œuvrent en faveur de la régionalisation et de la déconcentration des décisions engageant les politiques publiques.

    A un autre niveau, Le ministère de l’intérieur vient d’instruire les walis pour exiger un registre de commerce pour tout échange commercial. Au moment précis où le RCD s’apprêtait à lancer dans les communes dont il a la charge « des sites de partage et d’échanges solidaires (SPES) » pour mobiliser toutes les ressources économiques de la commune et offrir des lieux de convivialité  à des citoyens privés de rencontres et de communication, l’administration, réduite au rôle d’instrument de contrôle et de répression, qui s’accommode par ailleurs depuis des décades de trottoirs transformés en bazars où se recyclent l’argent du crime organisé au détriment des opérateurs économiques et  affiche une réactivité de cerbère quand il s’agit de paralyser des  initiatives communales  offrant à la cité algérienne autonomie, solidarité et développement économique et culturel.

    Plus généralement, la soviétisation en cours de l’économie signe un blocage stratégique qui a conduit à un ralentissement et une délocalisation des IDE, aggravant ainsi une récession chronique. Le chômage des jeunes s’ajoutant à l’opacité générale dans la gestion des affaires publiques va accélérer la misère sociale, véritable poudrière.

    Cette politique faite de compromissions, de bricolage et de revirements politiques et économiques confirme la faillite générale d’un système politique qui sévit depuis un demi-siècle.

    Les manœuvres policières et judiciaires faites à travers l’affaire des non jeuneurs, comme par hasard localisées à Ighzer Amokrane, Ain El Hammam et Larbaa Nait Iraten   et celle de la manipulation d’un groupe de salafistes dans le village d’Aghrib sont les signes avant-coureurs des manipulations récurrentes ciblant la Kabylie quand se rapprochent les moments d’affrontements précédant les rééquilibrages claniques.

    Sur le plan de la sécurité nationale et régionale, l’Algérie  victime d’un pouvoir obnubilé par la confiscation de la richesse nationale subi de plein fouet  les conséquences des compromissions politiques et des dévoiements des organes supposés veiller à la protection du citoyen .

    La démission et les tergiversations politiciennes de ces dernières années ont fait de notre pays un espace privilégié de la  diffusion du terrorisme international.

    Marasme économique, régression sociale, instabilité politique, insécurité persistante, l’Algérie survit miraculeusement à un demi-siècle de gabegie, d’irresponsabilité et d’arbitraire. Malgré Un tel désastre, le pouvoir se réfugie dans un isolement suicidaire, l’opacité et les transactions claniques.

    Le RCD qui suit avec vigilance toutes les évolutions   de la scène nationale condamne une fois de plus une démarche politique qui a mené la Nation au bord de l’implosion. Le remplacement d’un clan par un autre n’est pas une solution. C’est le problème. Seule une remise en cause et une évaluation responsable et courageuse des cinquante dernières années peuvent permettre à notre pays d’éviter le naufrage.

    Notre Rassemblement qui dénonce et combat la sous-culture politique du sérail continue à animer le débat public en associant énergies et compétences collectives ou individuelles pour donner toutes ses chances à notre peuple. Cette constance dans la lutte a permis de dégager les chantiers et les priorités sur lesquelles les forces patriotiques peuvent se retrouver.  Les dossiers des droits de l’Homme, de l’identité nationale, du statut de la femme, du traitement de l’Histoire, de la place de la religion dans la cité, comme ceux de la reconfiguration politique et administrative et, aujourd’hui, celui de l’environnement sont au cœur du débat public.

    Il ne s’agit ni de régler des comptes ni de persister dans un aveuglement qui a paupérisé et ensanglanté la société, déstabilisé les institutions et discrédité la Nation.

    Les problèmes de l’Algérie sont connus. Ils ont pour noms illégitimité, concentration et abus de pouvoir, corruption ; le tout étant la conséquence directe et inévitable des fraudes électorales.

    Les solutions  sont également connues. Elles s’appellent cahier des charges s’imposant à tout acteur qui s’engage dans le combat politique pacifique, réformes, tant sur les plans administratif qu’économique et éducatif. Il s’agit d’offrir enfin à la Nation algérienne un pouvoir légitime, un projet créatif et cohérent et une méthode de gestion transparente et contrôlée. Cela passe par une surveillance internationale massive et qualifiée de tout processus électoral.

    C’est sur la seule base de ce bilan et de cette alternative que le RCD se bat aujourd’hui et qu’il se déterminera demain.

     

    Zeralda, le 14 octobre 2010.

     

     

    Source: http://rcd-algerie.net/details_article.php?Rid=40&Aid=1292&titre=Cap+sur+une+alternative+d%E9mocratique

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    Said Sadi l’invité de l’émission la matinale de France Inter le vendredi 24 septembre de 07h 50 à 08H (heure française)

    Posté par rcdtubirets le 24 septembre 2010

    http://www.dailymotion.com/video/xexq8k

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    ATHMANE MAZOUZ, DÉPUTÉ ET CHEF DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU RCD À BÉJAÏA : «Le pouvoir veut ghettoïser le RCD dans l’Algérois et la Kabylie de peur d’une contamination démocratique des autres régions du pays»

    Posté par rcdtubirets le 6 septembre 2010

    Sous le thème «Activités du groupe parlementaire du RCD : contraintes et défis», Athmane Mazouz, député et président du groupe parlementaire du RCD, a animé dans la soirée de samedi dernier une conférence-débat au siège de la section communale du Rassemblement à Béjaïa.
    A. Kersani – Béjaïa (Le Soir) – Le député de Béjaïa a entamé sa communication par une brève rétrospective sur les raisons ayant prévalu dans la participation et la présence du RCD au sein de l’institution parlementaire. Athmane Mazouz a rappelé à l’occasion les «diverses formes de pression», selon lui, que son parti avait «subies» lors de l’élaboration de ses listes électorales. Parlant des contraintes que le parti de Sadi a eu à affronter à l’issue des législatives de mai 2007, le conférencier a cité, dans la foulée, le cas du rejet de certaines candidatures, à l’instar de celle du militant d’Alger Abdelmadjid Azzi, ancien maquisard, syndicaliste et ancien secrétaire général de la Fédération nationale des retraités. «Malgré les intimidations et les contraintes, le RCD, par défi et résistance, a tenu à participer à ce rendez-vous électoral dans le souci d’accéder à une tribune où le message de l’opposition peut être audible, pesant et catalyseur », souligne le député et président du groupe parlementaire du Rassemblement. Évoquant les résultats des élections de mai 2007, le conférencier a affirmé qu’ils ont révélé «une autre fois la véritable nature du régime, caractérisé par une fraude massive et généralisée». «La fraude a accouché d’une pollution de la représentation nationale », note dans son intervention l’orateur, tout en soutenant que son parti a été dépossédé de nombreux sièges dans plusieurs wilayas du pays. «Dans sa logique, le pouvoir a révélé une volonté manifeste de ghettoïser le RCD au niveau de l’Algérois et de la Kabylie de peur d’une contamination démocratique des autres régions du pays», poursuit le chef du groupe parlementaire du RCD qui estime qu’à travers les 19 sièges arrachés par son parti, «le régime adresse trois messages importants ». Des messages qui se résument, explique-t-il, en un empêchement du RCD d’accéder à l’initiative parlementaire par la proposition de loi qui requiert au minimum 20 députés, un avertissement à l’adresse de l’opposition qui consiste à dire que rien ne pourra se faire en dehors de sa volonté, synonyme de docilité et de soumission et la tentation d’isoler le Rassemblement de l’opinion publique en le maintenant au niveau du score de 1997. Abordant le chapitre lié aux défis du RCD à l’Assemblée, Athmane Mazouz a dit que le groupe parlementaire de son parti entend, face aux contraintes évoquées, combattre lors de cette sixième législature «la fatalité de l’inertie et de la soumission qui caractérisent le pouvoir en assumant clairement sa fonction tribunicienne et en menant une politique ferme contre l’alliance présidentielle et ses alliés». Le député du RCD a rappelé que durant ces trois années d’exercice, le groupe parlementaire de son parti a su imposer par sa crédibilité et son engagement une ligne qui tranche clairement avec ses engagements pris devant la population. Pour mieux étayer le combat quotidien des parlementaires du RCD, Athmane Mazouz a signalé que son parti est l’une des rares formations politiques à dénoncer la fraude. Il a cité, entre autres, le vote contre la validation des mandats des députés au début de la législature et la dénonciation du «viol» constitutionnel du 12 novembre 2008. «Une date propre aux agendas des despotes comme l’est Bouteflika qui fera sombrer inéluctablement le pays dans une aventure politique et institutionnelle et précipitera la nation dans la régression sociale, l’instabilité, le marasme économique et le discrédit international», martèle le conférencier. S’agissant toujours des actions parlementaires du groupe RCD, l’orateur a noté les interventions de dénonciation de ses pairs députés du Rassemblement contre «la régression alarmante du pouvoir d’achat des Algériens, la corruption et l’opacité à Sonatrach, les placements occultes à l’étranger, les dopages financiers de ministères clientélistes, le détournement des fonds affectés à l’agriculture et les violations des libertés». «Faisant face à un régime qui n’est pas près d’accepter les règles universelles de l’exercice démocratique, à la confiscation du pouvoir, aux violations multiples et massives des droits, nous disons que, sans l’effectivité de l’alternance démocratique, qui doit être l’oxygène de la démocratie, l’Algérie est condamnée à dépérir et à périr», a conclu le chef du groupe parlementaire du RCD avant de répondre aux différentes questions de militants et sympathisants du parti de Sadi présents à la réunion.
    A. K.

    Source: Le soir d’Algérie. lundi 06 septembre 2010.

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    La crise et le miracle

    Posté par rcdtubirets le 31 août 2010

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    La saison estivale n’aura que très modérément réduit les irruptions médiatiques engendrées par la publication du livre «  Amirouche, une vie, deux morts, un testament. » Si l’on veut être optimiste, on peut  en conclure que la profusion des interventions témoigne de la soif des Algériens de comprendre un passé dont ils ont été dépossédés et par lequel on les a soumis. Si l’on s’en tient à la nature de la grande majorité des productions, force est de constater que la plupart des auteurs se sont saisis de la parution du livre qui pour régler des comptes, qui pour jeter l’anathème sur mon initiative en vue de maintenir, d’une manière ou d’une autre,  la chape de plomb sur la mémoire algérienne. Il est pourtant utile de reprendre quelques unes des dernières sorties car, si elles ne traitent pas de l’objet auquel invite l’ouvrage, elles dévoilent des ressentiments ou des insinuations voire, pour certaines, des aveux qui sont autant d’indices sur l’état de santé morale et politique d’une partie de notre société.

    J’ai retenu trois commentaires et deux réactions de quotidiens dont l’analyse constitue un éclairage de l’état d’esprit qui anime certaines de nos élites : il s’agit de la querelle lancée par M. Addi Lahouari autour du contrat de Rome, de la plaidoirie de M. Téguia sur le bilan de Boumédiene et, par extension, de ses soutiens, de la montée au créneau d’un professeur de médecine à Oran, M. Farouk Mohamed- Brahim et, enfin, des positions des journaux « Ech Chourouk » et « le quotidien d’Oran ».

    Le boumedienisme monomaniaque de M. Mabroukine n’est pas, en dépit des apparences, ce qu’il y a de plus ubuesque dans cette effervescence politico-médiatique. En déclarant que l’homme du 19 juin était trop grand pour le peuple algérien, qu’il était fondé à se doter d’une armée des frontières pour s’imposer dans l’après-guerre et que cette armée était plus légitime que le GPRA dont elle était supposée dépendre, en décrétant qu’il n’a commis ni coup d’Etat, ni crime ni abus et que Bencherif a séquestré les dépouilles des colonels Amirouche et Haoues à l’insu de son idole, M. Mabroukine s’inscrit dans une démarche irrationnelle qui n’a pas lieu d’être appréhendée dans un débat politique.

    La rancœur comme raison de vivre

    Plus problématique est l’intervention de M. Téguia. Massive et compulsive comme le sont souvent les sorties des néo communistes algériens, l’écrit  porte la marque d’un stalinisme « spécifique » qui cumule confusion calculée, brutalité et rancœur.  Ceux qui ont trouvé la force de suivre le feuilleton de M. Téguia en furent pour leur frais. Beaucoup s’interrogent encore sur ses motivations, le sens de son message  et ses objectifs.

    Pour avoir croisé les derniers adeptes du rêve communiste en Algérie, je crois faire partie de ceux qui peuvent encore prétendre décrypter un refoulé qui se révèle épisodiquement chez ces nostalgiques dans des incursions qui prennent prétexte sur ce que disent ou font les autres pour éviter d’avoir à se retourner sur leur passé.

    Ils ne revendiquent pas, en tout cas ils ne l’assument pas clairement, l’héritage du parti communiste algérien sur lequel je reviendrai. Véritables autostoppeurs de l’Histoire ( il n’y a rien de péjoratif dans mon propos), ils vivent d’occasions que peut offrir l’activité d’un parti ou l’initiative d’un responsable ( de préférence de l’opposition démocratique) pour se manifester, juger et, surtout, tenter de faire passer un discours qui ne trouve, par ailleurs, ni opportunité pour se déclarer ni auditeurs pour s’y intéresser. Nous allons voir par la suite par quels procédés ils opèrent. Mais essayons d’abord de saisir quelles sont les principales idées que M. Téguia a voulu distiller.

    1er) Il n’y a pas de place pour la critique ni même l’évaluation du bilan de Boumédiene qui n’a commis, nous apprend M. Téguia, que de « minuscules erreurs ». Exit les putschs, les assassinats, la corruption d’Etat, encouragée dès lors que le prédateur renonçait à l’action politique, ignorés les fraudes électorales…

    2eme) L’Algérie qui n’a pas su être digne du MDS, du CCDR et de l’artifice des arouchs paiera chèrement une telle désinvolture.

    3éme) La solution à la crise algérienne est simple. Il suffit de concevoir un bon mercato politique qui ferait de l’armée une équipe multipartisane où le MDS trouverait une place, fut-ce sur le banc des remplaçants, pour que, du jour au lendemain, notre destin s’accomplisse enfin.

    4éme) Celui qui a privé la nation de toutes ces lumineuses trouvailles n’est autre que le RCD qui n’a pas su apprécier ni voulu appliquer des préceptes aussi miraculeux.    

    Fort heureusement pour les forces progressistes algériennes, il est arrivé, dans le passé, au mouvement communiste d’avoir des idées et des propositions un peu moins fantaisistes.

    Analysons maintenant la méthode utilisée pour se poser a priori comme un simple débatteur  concerné par un livre sur l’histoire contemporaine de notre pays avant de dériver vers une rumination  célébrant son propre panégyrique par la disqualification de l’autre. En se démarquant des attaques des agents du MALG, de trois historiens, de M. Addi Lahouari, de M. Kafi ou des autres hussards de la plume dérangés par le fantôme d’Amirouche, M. Téguia, quoiqu’il prétende au départ, ne leur reproche ni leur sectarisme, ni leur volonté de garder leur monopole sur l’histoire ni même leur antikabylisme. En vérité, il leur en veut de l’avoir précédé dans la besogne et, accessoirement, d’avoir été par trop maladroits dans la charge. Avant lui et sur un autre registre, nous nous souvenons tous de la sortie de M. Belaïd Abdeslam, revenu comme chef du gouvernement, et qui, voulant neutraliser l’intégrisme dans les années 90, déclarait : c’est nous qui réaliserons la chariâa. Le problème n’était donc pas le risque que faisait peser sur le pays la théocratie, dénoncée explicitement par le congrès de la Soummam dont il se réclamait, mais de ne pas être devancé dans la mise en œuvre  du chantier. En l’occurrence, il eut fallu selon M. Téguia, le laisser, lui, le néo communiste, travailler l’affaire avec  une approche « rigoureusement scientifique » avertit-il. En effet, il reprend  à son compte tous les arguments de ses prédécesseurs en les agrémentant de citations d’auteurs et d’acteurs systématiquement tronquées ou isolées de leur contexte, allant jusqu’à nous suggérer que Ben M’hidi était, en fait, un communiste qui s’ignorait.  

    La confusion comme méthode

    En déplorant  le fait que pas un intellectuel, pas un artiste pas un dirigeant politique pas un homme de religion n’ait condamné la séquestration des ossements d’Amirouche et de Haoues, ce qui, au fond, est au cœur de mon livre, je ne faisais rien d’autre que d’énoncer une évidence tout en estimant qu’une telle démission ne pouvait pas être signifiante d’une santé politique qui protège les sociétés des pires régressions. M. Téguia qui ne nie pas le fait se saisit de mon appréhension pour entamer un interminable monologue où il se pose des questions, donne ses réponses et, quand il n’en a pas assez, s’invente des sénarii pour assouvir ses fantasmes. A sa décharge, M. Addi Lahouari ne fait rien d’autre en refusant de répondre aux sujets sur lesquels l’avait interpellés le député H. Saheb.

    Mon livre recourt, entre autres, à de nombreux  témoins pour établir la biographie d’Amirouche. M . Téguia qui ne daigne rencontrer aucun d’entre eux s’interroge sentencieusement : « qu’est ce qui nous dit que ces témoins ne nous mentent pas ? » suggère-t-il, avant d’en déduire : « s’ils nous mentent, nous devons savoir pourquoi. » On ne peut qu’admirer le syllogisme. Avant d’être radicalité politique criminelle, le stalinisme assumé est d’abord une déviance intellectuelle. Je ne résiste pas à l’envie de rapporter ce témoignage de Soljenitsyne où M. Téguia pourrait se reconnaître même si, on l’imagine sans peine, les ouvrages de l’auteur de « l’archipel du Goulag » ne figurent pas parmi ses lectures préférées. Un juge de l’union soviétique s’adressant à un citoyen soupçonné d’anticommunisme déclare : « nous n’avons pas de preuves contre vous. Si nous ne les avons pas trouvées c’est que vous les avez cachées. Si vous les avez cachées c’est que vous êtes coupable. »

    Connaissant de longue date le conditionnement de nos intellectuels organiques, j’ai veillé, et je l’ai annoncé dans l’avertissement  de mon livre, que je n’ai gardé que les témoignages des personnes encore en vie. Au lieu de se rapprocher de ces acteurs pour vérifier la teneur de leur propos, M. Téguia s’occupe de savoir pourquoi ils nous mentent ! Plus de trois cent titres de la presse couvrant la période 1950-1959 consultés, des documents inédits accablants ses mentors n’ont pas ébranlé un seul instant un Téguia muré dans ses certitudes et qui décide que le livre est insuffisamment documenté !  « Qu’est ce qui nous garantit, assène-t-il, que ces documents ne sont pas des faux ? » Il suffisait pourtant d’aller aux sources où ils sont toujours disponibles. Trop simple. Le but n’est ni de vérifier, ni de compléter une information. Il s’agit de fausser le débat pour délivrer son message.

    Bardé de son lexique de citations, M. Téguia nous explique qu’il est « scientifiquement » inexact d’accuser de quoi que ce soit Boussouf et Boumediene car devant la marche de l’histoire, qu’en bon marxiste il nous invite à appréhender dans la globalité, la responsabilité des individus n’a pas lieu d’être évoquée. Outre qu’un tel prisme réduit la vision marxiste des choses, M. Téguia ne se gêne pas pour tordre le coup à son sacro-saint principe quand il faut se faire plaisir. Dans la foulée du livre sur Amirouche, M. Djeghaba, ancien responsable du FLN, ayant soutenu le devoir de tout Algérien de témoigner, se fait reprendre sèchement par notre critique qui lui impute le «  funeste article 120 » sommant, on s’en souvient, les militants communistes d’adhérer au FLN s’ils voulaient postuler à des postes de direction. Quand les camarades sont touchés, la responsabilité personnelle, au demeurant toute relative de M. Djeghaba à l’époque, est dénoncée sans nuance et au diable « la marche de l’histoire » qui entraîne les individus au-delà de leur volonté. M. Djeghaba qui a eu l’honnêteté de dire avoir pris du recul sur la vie politique algérienne et même sur son propre parcours, a estimé que la restitution du FLN à la mémoire collective lui apparaissait  comme un premier pas pour l’établissement d’une vie publique crédible et apaisée. Beaucoup d’Algériens, parmi lesquels le président Boudiaf auquel s’agrippe M. Téguia, ont dit la même chose que M. Djeghaba. Mais ce dernier a commis l’irréparable. Il a osé soutenir que le citoyen que j’étais avait le droit et même le devoir de parler. Or, pour notre néo-communiste, l’histoire n’est pas un espace commun soumis à éclairage et débat ; c’est un levier que l’on actionne pour essayer de  faire basculer des situations contraires. Et les droits et devoirs ne sont énoncés et octroyés que par les détenteurs autoproclamés de la « pensée scientifique ». On observera au passage que le dit article 120 ne fut déclaré « funeste » qu’à partir du moment où il mettait au pas les communistes. Jusque là, les adhérents du PRS, du FFS du MDRA et, plus tard, du MCB étaient marginalisés et broyés sans que les «  compagnons de route » du FLN n’aient rien trouvé à redire.

    Stalinisme et déni de réalité

    Je dois cependant à la vérité de rappeler que d’authentiques communistes avaient, à l’époque, essayé, en vain, d’attirer l’attention de leurs jeunes camarades, récemment convertis, sur une compromission qui était moralement inadmissible et, même, tactiquement dangereuse.

    Voilà donc Boussouf et Boumediene exonéré de l’étranglement d’Abane, des exécutions des colonels des Aurès, du capitaine Zoubir et du colonel Chabani, des assassinats de Krim Belkacem et de Khidder pour ne parler que des crimes les plus connus ; crimes donnés par M. Téguia comme « d’insignifiants détails » justifiés par la  «  marche de l’histoire ». Parallèlement, M. Djeghaba est cloué au pilori en tant qu’auteur de l’article 120. J’insiste à dessein sur le propos de M. Téguia car, plus que d’autres, il montre comment, même à froid, la rancœur et  l’aveuglement  politiques peuvent amener un homme à couvrir voire justifier le crime. Il convient de dire, cependant, que cet écrit n’est pas le plus péjoratif pour ce qui est de l’avenir national; je dirai plus loin pourquoi et reviendrai sur les signaux les plus dangereux pour la perspective algérienne apparus dans cette tornade.

    Je sais que je n’arriverai pas à amener M. Téguia à prendre de la distance par rapport à tout ce qu’il revendique, explicitement ou implicitement, de l’époque de Boumediene. Mais qu’il accepte seulement d’entendre lui, le féru de citations ampoulées,  ces propos d’un Algérien mort pour avoir voulu vivre en tant qu’intellectuel rigoureux et autonome. C’était pendant l’été 1992. Le pays était sous le choc de l’assassinat du président Boudiaf. Nous étions attablés à quatre sur une terrasse  d’un café d’ Azzefoun. Il y avait avec nous le comédien Fellag qui n’avait pas encore atteint la notoriété internationale qu’on lui connait aujourd’hui et nous devisions sur ce qui avait pu mener un pays comme l’Algérie à un tel cataclysme. Puis à un moment, de sa voix douce et mesurée, Tahar Djaout, puisque c’est de lui dont il s’agit, resté longtemps silencieux, lâcha : «  on peut prendre l’affaire sous tous les angles, on arrivera à la même conclusion : c’est Boumediene qui a miné le terrain. Dans les pays liberticides quand l’école est abandonnée à l’intégrisme, la suite est inévitable. » M. Téguia pourra vérifier  ce témoignage auprès de  Fellag ou de la quatrième personne, A.T, un enseignant, aujourd’hui conseiller au ministère de l’éducation. Mais n’étant pas de sa secte politique, Tahar Djaout, naturellement, ne saurait avoir un avis « scientifique ».

    Sur de son fait, M. Téguia me fait le reproche d’avoir rapporté en quoi et comment Bourguiba avait pris ses distances avec un Nasser hégémonique, préférant inscrire sa réflexion et son action dans un cadre nord-africain qu’il savait plus homogène historiquement et, estimait-il, plus fiable politiquement. Là encore, M. Téguia ne nie pas les faits. Il m’interdit de les analyser, moi « le social démocrate, anti soviétique et anti arabe » vendu aux Américains.  Je vais vous aider dans vos récriminations M. Téguia : Bourguiba, en dépit de sa fin de règne délétère, était un homme d’Etat et Boumediene – aujourd’hui, même ceux qui l’ont suivi et redouté le confessent – ne fut qu’un homme de pouvoir. J’ai essayé de démonter dans mon livre en quoi les deux statuts étaient différents et même opposables. Pendant que Boumediene préparait l’armée des frontières pour soumettre le pays après l’indépendance, Bourguiba pensait à l’école et au statut de la femme.

    Communisme algérien : un patrimoine à préserver

    Nous ne cultivons pas les mêmes valeurs, nous ne partageons pas les mêmes opinions, nous n’avons pas le même vécu et n’aspirons pas au même avenir. Vous me reprochez de vouloir «  moraliser la politique ». Je plaide coupable. Défendez vos idées et acceptez que j’en fasse autant. En quoi de consacrer l’essentiel de votre énergie à vitupérer contre les uns et les autres ferait-il avancer vos positions dans le pays. Comment osez-vous, aujourd’hui encore, essayer de vous convaincre que « le réalisme du RCD l’a souvent amené à rejoindre, en retard, les solutions utopistes du MDS et du courant qu’il incarne. » Quand un acteur politique en vient à se mentir à lui-même aussi effrontément c’est qu’il a quitté le royaume de la raison. Au moment où le RCD et « le courant qu’il incarne » se battait pour le pluralisme politique, vous faisiez partie de ceux qui disaient que le multipartisme était « une manœuvre de la réaction qui menace la révolution ». Quand nous étions licenciés, emprisonnés et torturés pour avoir dit que l’honneur de notre pays c’était d’assumer son identité pleine et entière, vous demandiez « un châtiment exemplaire contre les diviseurs de la nation, réactionnaires et alliés de l’impérialisme ». Quand nous revendiquions la laïcité comme unique bouclier contre la dérive intégriste, vous nous dénonciez en tant que provocateurs qui n’ont pas compris que le FIS « exprimait l’Islam des pauvres ». Il n’y a pas de plaisir à le dire mais il faut chercher longtemps dans le catalogue politique algérien pour trouver un parti qui s’est autant fourvoyé. En politique, le problème n’est pas dans l’erreur, il est dans l’égarement. Fort heureusement, les militants et les cadres de l’ex-pags ont, pour leur grande majorité, tiré des enseignements plus lucides de leur expérience. Aujourd’hui, le dialogue avec eux est intelligible, loyal et fécond.   

    Auparavant, j’avais eu le plaisir d’avoir rencontré des Algériens, militants communistes convaincus et assumés, dont le back ground s’exprimait par autre chose que les raccourcis, les déclamations sentencieuses et autres chimères auxquelles s’abreuve  M. Téguia. Ils ont pour nom Bachir Hadj Ali, Abdelhamid Benzine ou Sadek Hadjeres. Ils ont lutté courageusement contre le colonialisme et souffert de l’intolérance de leurs frères. Ils furent à l’origine de belles réalisations comme « Alger républicain ». Ils eurent un comportement digne et surent, la mort dans l’âme, admettre les limites de leur engagement et de l’impact de leur doctrine en Algérie. Pour autant, ils n’ont jamais cédé à la rancœur qui vous envahit M. Téguia. Dignes et humbles, ils ont demandé, souvent en vain, à exister et être entendus. Ils ont fait l’inverse de ce que vous commettez : vouloir se consoler en accablant les autres de ses échecs.

    La longue diatribe de M. Téguia a pourtant un mérite. L’histoire du communisme en Algérie doit être écrite par celles et ceux qui y ont cru et s’y sont donnés avec dévouement et sincérité. Faute de quoi, elle risque de connaître le sort de l’histoire nationale en général : être confisquée par des néophytes voire des charlatans, privant le pays d’une partie de sa mémoire politique. Il y a quelques années de cela, je rencontrai Sadek Hadjres en France. Il m’a affirmé vouloir s’employer à écrire ses mémoires et même continuer à donner son avis sur l’évolution nationale. J’espère que la santé ne le trahira pas avant qu’il ait accompli cette ultime et belle tâche.  

    Aveuglement suicidaire

    Opposées en apparence, les attaques de M. Addi Lahouari et celles de M. Téguia sont intellectuellement symétriques. Le premier me dénonce pour ne pas m’être rallié à Sant’Egidio, le second me condamne sans appel pour avoir gâché sa jubilation devant le bilan de Boumediene. M. Addi nous explique que la connaissance de notre peuple est directement proportionnelle à la distance qui vous sépare de lui : plus on s’en éloigne, mieux on le comprend ; M. Téguia annonce que plus on échoue plus on a raison. Tout cela, après la publication d’un livre sur Amirouche ! Dire qu’un autre chemin est possible et refuser d’hiberner dans des niches vécues, à un moment ou un autre de notre histoire ( contrat de Rome pour l’un et charte nationale pour l’autre ), comme « une option irréversible » est en soi inadmissible pour les deux « scientifiques ».  

    L’aventure romaine et le pouvoir de Boumediene relèvent déjà du jugement de l’Histoire. Essayer de justifier son engagement pour l’un ou l’autre de ces sujets peut s’entendre. En maquiller les méfaits relèverait d’un jeu compréhensible. Vouloir interdire aux autres, en 2010, d’émettre leur opinion sur ces deux dossiers a quelque chose de pathétique.

    Salafisme d’Etat

    N’avoir que le RCD à cibler après la publication d’un livre sur le colonel Amirouche témoigne d’une rupture d’intelligence. Au même moment, un débat vital s’engage dans nos villages pour réhabiliter une vie religieuse faite de tolérance et d’humilité et délivrer la collectivité d’un salafisme négateur de l’homme, de la nation et de la patrie. Comme d’habitude, il faudra attendre encore quelques années de lutte avant de voir MM. Téguia et Addi Lahouari découvrir les vertus de l’Islam populaire et se poser ensuite en avant-gardes des grandes luttes engageant les questions sociétales.  La précipitation des évènements à Aghribs – qui n’est pas sans liaisons avec la sortie du livre – où dix sept (17) activistes, puissamment financés d’on ne sait où, ont voulu imposer à 3500 citoyens une caserne salafiste, a finalement révélé, que pour la seule Kabylie, plus de 110 villages vivent la même provocation. Des informations crédibles font état d’incursions identiques aux Aures. Il est fort probable que d’autres contrées d’Algérie sont touchées à des degrés divers. 

    Fort de l’expérience de leurs concitoyens d’Aghribs, les hameaux se regroupent, se concertent et organisent la riposte. L’internationale islamiste qui, elle, sait qu’elle joue à cette occasion une partie décisive a mobilisé toutes ses structures et annexes : journaux et partis en Algérie et relais à l’étranger où les chaînes satellitaires comme El Djazira ont orchestré la désinformation. Mais dans cette affaire, le plus dérangeant est ailleurs. Pendant deux ans, les pouvoirs publics, alertés par pas moins de 78 plaintes n’ont pas réagi. Quand on connait comment, par qui et pourquoi a été crée le journal Ech-Chourouk qui s’abîme dans une propagande digne de l’époque coloniale dans cette opération, on ne peut que vérifier la réalité d’un salafisme d’Etat qui surfe sur les incursions intégristes internationales, s’en accommode, les encourage pour réduire l’influence des partis ou des espaces porteurs d’alternative démocratique, croyant pouvoir intervenir quand les intérêts du pouvoir seront directement menacés. On sait déjà où nous a mené ce genre de calcul. Une fois de plus c’est le village, le quartier ou, accessoirement, l’émigration qui anticipent et se battent sur un chantier capital face à une démission de ceux qui sont supposés voir et prévenir les périls. J’ai eu l’occasion de dire que nous vivons dans un pays où le niveau du citoyen est supérieur à celui du dirigeant. On peut s’en désoler ou s’en réjouir mais l’histoire vient encore de confirmer le constat. Pas un intellectuel, pas une ONG, exception faite du robinet d’eau tiède ouvert par M. Ksentini. ( Il m’a cependant certifié au téléphone n’avoir pas tenu les propos que lui a prêtés le quotidien Liberté ) ,n’a cru utile, ne serait-ce que par curiosité, de s’intéresser à ce qui est pourtant un enjeu vital pour le pays ; car ce qui s’est passé à Aghribs n’est que l’infime partie de l’iceberg salafiste. J’imagine qu’en déplorant ce silence, M. Téguia relancera sa rengaine en me refaisant le procès de celui qui déteste les intellectuels. Une contamination d’Amirouche, sans doute. Si au lieu de ruminer pendant trois mois contre le combat du RCD, MM. Téguia et Addi Lahouari étaient allés sur le terrain pour voir comment vit, agit et réagit leur peuple, ils auraient pu découvrir, analyser et comprendre ce à quoi aspirent  leurs concitoyens et ce qui les menace.

    En l’espace de trois mois le RCD a mis sur la place publique le traitement de l’histoire dans notre pays, la délicate question des traditions religieuses et de leur place dans la cité et lancé l’idée de la création de sites de partage et d’échange économiques et culturels solidaires pour recréer de la convivialité dans une société rongée par l’arbitraire, la censure et l‘isolement, générateurs de tant de violence et de régression. L’administration, si laxiste devant les appels au meurtre des salafistes, a tout fait pour empêcher, censurer ou perturber les initiatives du Rassemblement.  Quand un parti joue son rôle dans un climat politique où le pouvoir ostracise toute initiative de l’opposition, on est en droit d’attendre de ceux dont c’est la mission d’anticiper et de défricher les chemins par leur audace et leur savoir de ne pas toujours se tromper de cible.

    Nation algérienne : un projet hypothéqué

    Les égarements si fréquents de nos élites expriment avant tout une impuissance. Il convient de les identifier, de les décoder mais ils ne devraient pas nous préoccuper outre mesure. Ils révèlent la lassitude, le dépit ou l’isolement d’une pensée exilée ou enkystée. Faute de revendiquer leur rôle de prospecteur des causes et des responsabilités de l’impasse nationale, ils se défaussent sur ceux qui se battent et qui, de toute façon, ne risquent pas de leur nuire. Plus généralement, ils préfèrent se réfugier dans des généalogies éthérées ou des causes consensuelles. Il est plus facile de se définir comme arabe que de s’assumer en tant qu’Algérien et il est plus commode de se positionner autour des dossiers irakiens ou palestiniens que de s’immerger dans la complexité algérienne. Encore que pour ce qui concerne la question palestinienne, leur relation avec le Fatah est de plus en plus ambiguë pour ne pas indisposer le Hamas. Pendant la crise de Ghaza, je fus le seul responsable à avoir reçu le délégué de l’Autorité palestinienne à Alger et le président Mahmoud Abbas a attendu, en vain, un appel de la Présidence algérienne. Cette fuite qui a ses conforts, porte en elle-même ses limites. A qui et à combien peuvent, en effet, parler les diversions polémiques de MM. Addi et Téguia dans une Algérie jeune, fascinée par l’exil et inondée par les chaînes moyen-orientales, véritables fléaux pour une Afrique du nord à la dérive ?

    Le traitement de ces deux interventions n’a, en vérité, pas d’autre objectif que de rappeler le déphasage des rares observateurs nationaux qui traitent encore de leur société. Ce prurit intellectuel qui prive le pays de débats à la mesure des enjeux n’est malheureusement pas ce qu’il y a de pire pour l’avenir. Des discours autrement plus toxiques, émanant de  cadres qui s’expriment sans contraintes ou des positions de media crées et / ou sponsorisés par divers clans du régime posent crument la problématique de la réalité et de la viabilité du projet national algérien. Il en est ainsi de l’intervention livrée par le quotidien d’Oran le 05 juin, sous la plume de M. Farouk Mohamed-Brahim, Professeur de médecine exerçant dans la capitale de l’ouest. Son texte est une sorte de concentré des travers de tous les autres. Il se résume à deux choses : un antikabylisme pathologique et une injonction me sommant de rester dans le sillon du combat et de laisser les projections et la gestion du destin algérien à ceux dont le pouvoir est la fonction naturelle. Le professeur Farouk Mohamed-Brahim me reproche d’avoir trop parlé de la Kabylie en traitant de la wilaya 3 ! J’ai, selon lui, aggravé mon cas en donnant des citations en Kabyle dans mon livre; Amirouche, tout le monde le sait, parlant en javanais antique dans sa wilaya. Pire que tout, note mon censeur, il m’est arrivé de parler de « chef kabyle » en nommant le colonel Amirouche. Auparavant, j’avais évoqué le « chef aurésien » s’agissant de Ben Boulaïd, le « responsable constantinois » pour Zighout sans que ces termes n’aient choqué mon honorable confrère. Il y a une terrifiante logique dans cette fixation. Pour M Farouk Mohamed-Brahim les mots Kabyle ou Kabylie ne désignent pas un habitant ou une région de son pays. Chez lui, ces termes n’ont qu’une seule et unique résonnance et elle est anti arabe. Dès lors qu’il s’estime menacé, il doit se défendre et, face à l’ennemi, toutes les « contre-attaques » sont légitimes. C’est bien connu, le racisme le plus grégaire puise sa violence dans la peur de l’autre. Et pour corser le tout, « le quotidien d’Oran » qui avait publié une douzaine d’interventions, toutes hostiles au livre, refusa le point de vue d’un journaliste, S. Chekri, qui, ne voulant pas abuser des colonnes de son journal, adressa une réponse où il soulevait les contradictions et les aberrations d’un homme qui officiait comme enseignant hospitalo-universitaire. Le journal justifia son rejet, arguant qu’il revenait à celui qui avait été ciblé de réagir. On ne saisit pas, selon cette logique, pourquoi M.  Farouk Mohamed-Brahim, volant au secours de Ben Bella ou d’autres, avait été publié.  Ce titre ne peut pourtant pas être tenu pour un organe fondamentaliste. Mais le code régionaliste crypte les pensées les plus audacieuses. Et cette donnée, mille et une fois vérifiée, pose une vraie question : que signifie et que représente aujourd’hui, pour ces élites, l’idée de conscience nationale ? De toutes les agressions, de toutes les outrances qui ont suivi mon livre, le contenu de l’écrit de M. Farouk Mohamed-Brahim et les réactions du quotidien d’Oran et de Ech-Chourouk furent les évènements qui interpellent le plus, s’agissant de notre avenir collectif. Pour le titre francophone, les courageuses tribunes de K. Daoud ne suffisent hélas pas à rattraper les dérives chroniques du journal de l’ouest. Les furies récurrentes du quotidien arabophone qui ne manque jamais de stigmatiser la Kabylie en y amplifiant et, à l’occasion en y inventant, des sujets désignant cette région comme un danger national imminent  participent de cette intime conviction que combattre « le péril kabyle » serait à la fois une urgence, une nécessité et un devoir . Qu’un jeune Kabyle rompe le carême et c’est l’alerte. Que d’autres jeunes brûlent le Coran ou le drapeau ailleurs, Ech-Chourouk, qui tout d’un coup ne voit plus rien, ne peut s’interroger  sur les raisons qui ont poussé des Algériens à se rebeller contre des symboles d’une matrice à laquelle ils rattachent tous leurs malheurs. Et pourtant. Dans un cas nous avons à faire à un universitaire, dans un autre à deux média crées avec la bénédiction des « décideurs ». Aujourd’hui, il serait irresponsable de continuer à faire l’autruche et d’ignorer que l’idée nationale est sujette à caution. 

    Une fois de plus la jeunesse

    Dans cette avalanche de défoulement et de haine sur fond de conservatisme, il y eut des voix de braves qui se sont élevées. Elles sont, le plus souvent, venues d’hommes qui ont connu et servi sous les ordres du colonel Amirouche. Ils ont parlé pour essayer de dissoudre un demi-siècle d’opprobre déversé sur celui qui les avait protégés, guidés et souvent précédés devant les risques et les privations. Ils ont surtout dit leur douleur et leur indignation face à une forfaiture qu’aucun autre dirigeant algérien – et beaucoup ne furent pas, loin s’en faut, des enfants de cœur – n’a osé commettre : la séquestration des restes de deux héros.  

    Ces réactions, pour généreuses, dignes et salutaires qu’elles soient, ne furent pas les seules. Les jeunes dont on pouvait estimer qu’ils sont définitivement aliénés par une éducation nationale rétrograde, la censure et la désinformation ont manifesté, dans ce débat, un intérêt, une énergie et une intelligence qui sont à la fois l’espoir de l’Algérie et l’échec le plus patent du régime.

    J’ai reçu des mails laborieusement écrits qui appellent à plus de courage, plus de lumière et plus d’échanges.

     J’ai discuté avec des jeunes tentés ou revenus de la harga. Ils vivent leur aventure non pas, comme on le dit souvent, une initiative de désespoir mais un refus d’abdiquer et une volonté de vivre dans des normes et des valeurs de leur temps.

    Au mois de juillet, j’ai assisté à Tigzirt à deux regroupements rassemblant des étudiants du RCD originaires de 22 universités. Garçons et filles étaient venus pour se rencontrer, se connaître et s’apprécier malgré un enseignement qui les avait enfermés dans le sectarisme, la bigoterie et l’obscurantisme. Quand certains m’ont demandé de leur dédicacer mon livre, j’ai voulu m’enquérir sur leur capacité à lire et comprendre un ouvrage écrit en français, sachant que la plupart de nos étudiants entament leur cursus universitaire sans vraiment maîtriser cette langue. J’ai appris que des groupes se sont formés en dehors des ateliers pour faire des lectures collectives afin de mieux saisir le sens du récit. Que ces artisans de l’espérance se rassurent, la traduction du livre en arabe devrait être disponible avant le premier novembre.

    Pendant que le quotidien Ech-Chourouk et El Djazira s’adonnaient aux appels au meurtre contre les « ennemis de Dieu » dans l’affaire de la mosquée d’Aghribs, j’ai vu, dans ce village, 600 jeunes, chômeurs pour la plupart, revêtus d’un t-shirt frappé du nom du saint de leur localité, accueillir et servir le repas de bienvenue à 16 OOO fidèles venus des quatre coins du pays assister à l’inauguration de la mosquée restaurée de leurs ancêtres.  «  C’est notre manière de répondre au journal Ech-Chourouk », criera à la foule Mohand, un commerçant de 26 ans.

    Dans la polémique menée par l’internationale islamiste et ses relais algériens après l’inauguration de cette mosquée, ce sont les jeunes qui ont spontanément investi la toile pour dénoncer la désinformation et, images à l’appui, offrir aux observateurs du monde entier la ferveur populaire et l’adhésion de milliers de villageois à l’initiative de réhabilitation de leur culte.

    Nous nous rappelons tous de la formidable mobilisation des jeunes dans la rue et sur le net qui a suivi l’agression de l’équipe nationale de foot-ball au Caire pendant que le pouvoir et sa diplomatie, escomptant un miracle sportif, s’employait à conditionner les esprits pour aligner la nation derrière « le petit père des peuples ».

    C’est bien la jeunesse, segment social le plus ciblé par les instruments de déculturation du régime, qui s’avère y être la plus réfractaire et qui se mobilise pour se tracer des perspectives en dehors et, bien souvent, contre le système.

    « Mettez la révolution dans la rue et vous la verrez reprise par tout le peuple algérien ». C’est au moment où tout semblait perdu que, miraculeusement,  la prophétie de Ben M’hidi se perpétue à travers le groupe social le plus fragilisé.

    De même qu’Amirouche, issu des catégories historiquement déclassées, orphelin et privé de grandes études s’est avéré être un dirigeant d’exception, il se vérifie, une fois de plus dans l’histoire de notre pays, que ce sont les jeunes, exclus socialement et déclarés inéligibles aux débats, qui ouvrent la voie à l’espoir et…aux élites.

    Oui, il y a bien un miracle algérien.

    Auteur: Said Sadi
    Publié: 31/08/10.

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    KABYLIE: Sale temps pour Al Qaïda

    Posté par rcdtubirets le 30 août 2010

    En moins de trois jours, les services de sécurité sont parvenus à mettre hors d’état de sévir et de nuire 10 terroristes dans la seule wilaya de Tizi-Ouzou. Les deux opérations menées par l’ANP, jeudi à Tadmaït et samedi matin à Beni- Yenni, restent les offensives militaires les plus abouties et les mieux réussies, depuis que la lutte antiterroriste fonctionne en mode réconciliation nationale.
    Sofiane Aït-Iflis – Alger (Le Soir) – Les forces de l’ANP ont, le temps d’un week-end, asséné deux coups rudes aux terroristes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dans la wilaya de Tizi- Ouzou. Jeudi, à la mi-journée, elles ont réussi à éliminer trois terroristes, dont l’un serait, à en croire les rares informations ayant filtré sur leurs identités, un certain Houdaïfa Abou Younès, de son vrai nom Rachid Abdelmoumen, responsable militaire au sein du GSPC. Cet «émir» était en compagnie de deux acolytes, à bord d’un véhicule. Ils auraient été filés depuis Alger et abattus au moment où, arrivés à Tadmaït, ils allaient bifurquer vers Baghlia. Houdaïfa Abou Younès était un vétéran des maquis islamistes, puisqu’il avait fait partie des premières phalanges du Groupe islamique armée (GIA). Avec son élimination, les forces de l’ANP ont incontestablement atteint le GSPC là où ça doit faire le plus mal. L’«émir» abattu serait l’un des principaux instigateurs des attentats à la voiture piégée dans l’Algérois et qui avaient ciblé le siège de l’Onu et du Conseil constitutionnel. Les cadavres de Houdaïfa Abou Younès et de ses deux acolytes n’avaient pas encore refroidi que des unités de lutte antiterroriste de l’ANP réussirent un autre grand coup. Samedi, juste avant les première lueurs de l’aube, dans le massif forestier de Berrekmouche à Beni-Yenni, elles ont réussi à éliminer 7 terroristes et à récupérer un lot important d’armes. Cette opération de ratissage devait se poursuivre et s’étendre à d’autres maquis de la région. Il était temps que les services de sécurité se réapproprient l’offensive antiterroriste. Notamment en Kabylie où le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) après son allégeance prêtée à l’organisation de Ben Laden et de Zawahiri, a établi ses quartiers généraux. La lutte antiterroriste ayant été quelque peu mise en stand-by pour ne pas chahuter et perturber l’option réconciliatrice prônée par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, le GSPC a mis à profit ce relâchement, si l’on peut dire, pour renforcer son assise et sévir. La Kabylie, notamment la wilaya de Tizi-Ouzou, a connu ces dernières années une aggravation de l’insécurité. Les attentas, les rapts et les kidnappings ont meublé la chronique régionale. En effet, la Kabylie est la région qui a connu le plus d’attentats et de kidnappings. Il ne se passait pas une semaine sans que les terroristes du GSPC se signalent par un rapt et une demande de rançon. N’étaient les ripostes citoyennes qui, comme à Tigzirt et Boghni, s’étaient illustrées dans des résistances actives, la situation se serait davantage détériorée. Conjuguée à cette résistance citoyenne, la reprise de l’offensive de l’ANP contre les maquis terroristes mettra, à coup sûr, à mal le GSPC. En moins de trois jours, lors de deux opérations soigneusement orchestrées par les forces de l’ANP, il a perdu 10 de ses sbires et a vu, donc, son potentiel de nuisance diminuer. Si cet effort de lutte antiterroriste venait à être soutenu, il ne pourrait qu’être fatal pour l’organisation de Droukdel qui, depuis jeudi, se trouve déjà dans une mauvaise passe. La dernière bataille devant porter le coup de grâce au terrorisme, que certains avaient prédit en Kabylie, est-elle engagée ?
    S. A. I.

    Source: le soir d’algerie  / Lundi 30 août 2010.

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    KADIRIA: Deux gardes communaux blessés dans l’explosion d’une bombe

    Posté par rcdtubirets le 30 août 2010

    Hier, aux environs de midi, deux gardes communaux de la localité Beni-Fouda de la commune de Kadiria, à 30 km au nord-ouest de Bouira, ont été grièvement blessés dans l’explosion d’une bombe a-t-on appris de sources sûres qui indiquent que les deux gardes communaux s’apprêtaient à rejoindre leur campement situé sur une crête dans la localité de Beni-Fouda, à Kadiria, en empruntant une piste.
    L’un d’eux, apercevant un sachet noir devant lui, a fait le geste qu’il ne fallait pas faire, tant les terroristes avaient l’habitude de piéger n’importe quel objet. En frappant avec son pied le sachet noir, dans lequel les terroristes de la phalange El-Farouk activant toujours dans la région et ayant fait allégeance à Al-Qaïda, avaient introduit une bombe artisanale, les deux gardes communaux ont été projetés en arrière. Evacués par leurs collègues vers l’hôpital de Lakhdaria, l’état de santé d’un des deux qui a été amputé des deux jambes, était jugé très grave, alors que l’autre est hors de danger.
    H. M.

    Source : le soir d’algerie 29/08/2010.

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    Synthése des activités du RCD pour le mois d’avril

    Posté par rcdtubirets le 29 août 2010

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    Le mois d’avril a été marqué par une intense activité du RCD. Il en est ainsi des marches populaires organisées par le Rassemblement dans les wilayas de Bejaia, Bouira et Tizi-Ouzou qui ont vu une adhésion massive de la population. La commémoration de ce 30e anniversaire du printemps amazigh, de l’avis de l’ensemble des observateurs, a replongé les populations de cette région dans la ferveur populaire, la tolérance et la communion qui avait marqué avril 1980. La réaffirmation des revendications et des valeurs fondatrices d’avril 80 et la demande de la refondation de l’Etat ont ravivé, cette année, chez les milliers de marcheurs la fibre du militantisme, de la citoyenneté et de la lutte.

    Les nombreuses conférences débats animées par l’encadrement du parti dans les différents chefs lieux de daïras et dans les campus universitaires de Kabylie et à Batna, Tipaza et Alger ont été l’occasion de jeter une rétrospective sur le message de 8o, ses véritables acteurs, ses acquis et ses implications. Les débats ont permis aux participants d’afficher leur adhésion à la proposition de régionalisation modulable à même de révéler les potentialités régionales tant sur le plan culturel qu’économique et social.

    Au niveau organique, MM Rabah Boucetta, Nadir Hammouche et Tahar Besbas respectivement SN à l’organique, aux PMI/PME et aux affaires sociales ont fait une sortie d’évaluation sur la wilaya de Djelfa.
    Pour sa part, M. Mohamed Khendek s’est rendu à Annaba pour l’évaluation des wilayate de l’extrême Est dans la perspective des échéances à venir.

    S’agissant de la gestion des élus locaux, Les communes où le RCD est majoritaire continuent de présenter leur bilan annuel en public comme cela fut annoncé lors des campagnes électorales.
    Par ailleurs, les représentants du RCD de l’APW de Tipaza ont démissionné pour cause de refus d’évaluation transparente de l’activité de l’Assemblée régionale. Les élus RCD de l’APC de Tizi-Ouzou ont également remis leur mandat au sein des commissions de l’exécutif communal face à l’opacité qui prévaut dans le traitement des dossiers au niveau d’une municipalité qui est le chef lieu de wilaya.
    Dans le chapitre des échanges avec les ONG, Mohcine Belabbas, secrétaire national à la communication et à la coordination, a pris part à un séminaire sur les nouvelles technologies d’informations organisé par le NDI au Maroc.

    Sur un autre registre et tout aussi grave les agressions dont été victimes les femmes de Hassi Messaoud dans le Sud ont amené le parti à réagir fermement contre une démission voire une complicité des pouvoirs publics face à des abus récurrents ciblant des citoyennes qui ont le malheur de vouloir travailler dans leur pays.

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    Positions politiques du RCD 1

    Posté par rcdtubirets le 28 août 2010

    Le rappel de ces positions, combattues ou perverties par le pouvoir et dénoncées par une grande partie de l’opposition, montre le décalage qui existe entre la classe politique et le citoyen. Ces positions constituent, aujourd’hui, le cœur des réformes et choix à mettre en oeuvre pour installer le pays dans la voir du développement. 

    RELIGION 

    A chaque fois que le politique s’est emparé du religieux le résultat a été sans appel : le sang a coulé et la régression a suivi. 

    L’Algérie et le Maghreb ont échappé aux guerres de religion parce que de tout temps le dépositaire de l’autorité religieuse s’est tenu à l’écart des compétitions politiques. Partant de ce constat, le RCD s’est déclaré, dès sa naissance, pour la séparation des champs politiques et religieux. Peu suivie au début, cette position est désormais partagée par de larges relais d’opinion et diverses organisations sociales et politiques. 

    IDENTITE 

    Composée de trois dimensions façonnées par son histoire, l’Algérie admet enfin son triptyque identitaire (Amazighité, Arabité, Islamité). Cette identité revendiquée dès le départ par le RCD a été tour à tour reniée, dénaturée et
    souvent réprimée. Réconciliée avec elle-même, la société algérienne attend de ses institutions d’être reconnue dans sa plénitude. 

    STATUT DE LA FEMME  

    La femme algérienne est confinée, depuis 1984, dans un rôle de sous-citoyenne par un code de la famille inique et rétrograde. Le RCD a été le premier parti à demander l’abrogation de ce code au demeurant anticonstitutionnel. 

    EMIGRATION 

    Lors de son premier congrès en décembre 1989, le RCD a demandé la création d’un Secrétariat d’Etat à l’Emigration pour organiser au mieux les intérêts de notre communauté à l’étranger et stabiliser ses relations avec son pays d’origine. Accueillie avec scepticisme par le pouvoir, cette proposition se verra concrétisée six ans plus tard dans des conditions qui sont loin d’honorer la disponibilité patriotique d’une collectivité qui a toujours été à l’avant-garde du combat démocratique. La représentation directe de l’émigration au Parlement, revendiquée depuis longtemps par le RCD, vient de connaître un début de concrétisation. 

    REECHELONNEMENT  

    Précurseur au sein de la classe politique du nécessaire passage d’une économie dirigée à une économie de marché, le RCD s’est très tôt penché sur le traitement de la dette extérieure dont le service grevait dangereusement les ressources en devises du pays. 

    Dès la tenue de son congrès constitutif (15 et 16 Décembre 1989), le RCD soulignait dans ses résolutions : ” On propose la négociation de la réduction du volume global de la dette et un rééchelonnement pour le montant restant. Pendant ce temps, il faut veiller à ce que le maximum de devises soit consacré à l’investissement productif “. Cette proposition est devenue, depuis, un leitmotiv du parti en dépit des levées de boucliers qu’elle a suscitée au sein de la classe politique, pouvoir et opposition confondus, lesquels avaient assimilé le rééchelonnement de la dette extérieure à un acte de trahison. L’Algérie a, pourtant, fini par rééchelonner sa dette en 1994. 

    Chacun sait aujourd’hui que si cette opération avait été faite en temps utile, le poids de la conditionnalité du FMI et le prix social qu’elle implique, auraient été considérablement allégés. 

    GESTION LOCALE  

    En mai 1993, le premier ministre, Belaïd ABDESLAM, exige officiellement de tout agent de l’état de se rallier à sa politique. Refusant de cautionner une exploitation partisane de l’Administration, le RCD décide de se retirer du pouvoir local. Sur les 611 élus du RCD, 597 démissionnent. 

    ARRET DU PROCESSUS ELECTORAL  

    Le premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, aboutit à un raz-de-marée intégriste. Divisé, le camp de l’opposition démocratique réalise moins d’un million de voix. Sûrs de leur victoire, les responsables du FIS multiplient les déclarations et communiqués dans lesquels ils proclament leur intention d’appliquer la chariaâ, annonçant la fin de l’alternance et des élections, l’instauration de tribunaux islamiques et invitant les Algériens ” à changer leurs habitudes vestimentaires et alimentaires “. Un affolement général s’empare de la population et on parle de ” boats people” dans la Méditerranée. Dans ce climat de panique généralisée, le Docteur Saïd SADI lance un appel solennel à l’interruption du processus électoral : ” je ne veux pas aller à l’enterrement de mon pays ” dira-t-il (30 décembre 1991). 

    Un instant désorientés par cet appel, nombreux sont les citoyens qui finissent par s’y reconnaître comme il sera entendu par les plus hautes autorités. 

    LE MOUVEMENT POUR LA REPUBLIQUE (M.P.R.)  

    Alors que des responsables politiques quittent le pays, le Secrétaire Général du RCD, resté parmi les siens malgré la tourmente grandissante, apparaît de plus en plus comme le recours face à l’impasse algérienne. Le 10 Novembre 1993, il lance un appel à la tenue des états généraux des Patriotes Républicains après avoir fait ses propositions à la Nation dans sa” plate-forme pour l’Algérie républicaine “. Cinq milles cadres, syndicalistes, anciens maquisards, entrepreneurs, répondent à cet appel, créent, le 25 Novembre 1993, Le Mouvement Pour la République (M.P.R.) et portent le Docteur Saïd SADI à la présidence du mouvement. Les membres du MPR, particulièrement ciblés par le terrorisme intégriste, payeront, pour certains d’entre eux, de leur vie leur engagement en faveur de la République.

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    Positions politiques du RCD 2

    Posté par rcdtubirets le 28 août 2010

    L’APPEL A LA RESISTANCE  

    Le début de l’année 1994 est marqué par l’horreur intégriste qui atteint son paroxysme. Devant l’ampleur et la barbarie des assassinats intégristes qui prennent pour cibles tous ceux qui refusent de se soumettre à leur diktat : femmes, syndicalistes ou militants de l’opposition démocrate en général et face à l’incapacité de l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens, le Secrétaire Général du RCD lance un appel à la résistance, le 21 Mars. Les citoyens seront de plus en plus nombreux à se mobiliser et à s’organiser en conséquence. 

    POUR LA VERITE SUR L’ASSASSINAT DE MOHAMED BOUDIAF  

    Le 29 Juin 1994, date anniversaire de l’assassinat du président Boudiaf, le MPR appelle à une marche pour exiger toute la lumière sur cette affaire. Alors que la manifestation mobilise des milliers de citoyennes et de citoyens, un attentat à la bombe ciblant le Secrétaire Général du RCD fait deux morts et plus de 70 blessés. 

    PARTICIPATION A L’ELECTION PRESIDENTIELLE  

    Le 11 Septembre 1995, le Docteur Saïd SADI déclare sa candidature à l’élection présidentielle du 16 Novembre. Malgré un dépouillement des plus discutables, il obtient 1.200.000 voix et se place après le candidat du régime et le représentant fondamentaliste soutenu par l’Internationale Islamiste. Au-delà des résultats annoncés par les autorités, l’élection présidentielle du 16 Novembre 1995, de par la mobilisation populaire qu’elle a suscitée en dépit d’un environnement particulièrement hostile, restera une date marquante dans l’histoire du RCD et du pays. Cette extraordinaire mobilisation qui a démenti bien des pronostics a permis entre autres de : 

    • Rapatrier la décision politique et sortir le pays de l’isolement dans lequel il s’est progressivement enfoncé depuis 1993. 

    • Remporter une victoire psychologique décisive sur les groupes armés qui n’ont pu mettre à exécution leurs menaces de représailles. 

    • Relativiser le poids de l’islamisme (20 à 25%), somme toute équivalent à celui d’autres pays sociologiquement similaires. 

    ELECTIONS LEGISLATIVES DE JUIN 1997 

    En dépit de la neutralisation du pouvoir législatif, le RCD considère que l’Assemblée peut être une tribune pour porter la contestation populaire dans les institutions. Le 5 juin 1997, à la suite d’un scrutin caractérisé par la fraude massive et généralisée, dont est victime, en premier, le RCD, celui-ci se voit assigner 19 sièges dans l’Assemblée Populaire Nationale. 

    ELECTIONS LOCALES  

    En octobre 1997, après des élections locales caractérisées par une fraude jamais égalée, le RCD prend l’initiative et la tête d’une campagne populaire de protestation, rejoint par d’autres partis politiques et baptisée par les médias du nom de ” protesta “.Celle-ci dure 3 semaines. 

    DEUXIEME CONGRES DU RCD 

    Le RCD tient son 2 ème Congrès, à Alger, les 26 et 27 février 1998. L’organe souverain du RCD remplace le poste de Secrétaire général du Rassemblement par celui de Président et consacre la création de 3 Vices présidences. Les résolutions appellent, en outre, à une large décentralisation de l’Etat au profit des institutions locales. 

    ELECTIONS PRESIDENTIELLES D’AVRIL 1999 

    Le RCD appelle au boycott de l’élection présidentielle anticipée du 15 Avril 1999. Cette position faisait suite au refus du pouvoir de mettre en place les garanties juridiques de crédibilité du scrutin. Ce mot d’ordre sera largement suivi en particulier par la communauté algérienne à l’étranger.

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    Positions politiques du RCD 3

    Posté par rcdtubirets le 28 août 2010

    REFERENDUM SUR LA DEMARCHE DE CONCORDE CIVILE  

    Après avoir pris soin, dans l’hémicycle de l’Assemblée Populaire Nationale, lors du vote de la Loi portant Concorde Civile, de noter qu’elle préserve le cadre républicain et la souveraineté des institutions et de l’Etat algérien mais, également, mis en garde quant à la capacité de l’administration à réunir les conditions de sa mise en œuvre, le RCD appelle à voter « oui », lors du référendum du 16 septembre 1999, portant sur la démarche de Concorde Civile. 

    LA PARTICIPATION DANS LE GOUVERNEMENT 

    Après des débats internes qui ont duré 3 mois à tous les niveaux de son organisation et à la suite de l’engagement publique du Président de la République de mettre en œuvre des réformes structurelles dans les secteurs de l’éducation, la justice, l’économie et l’administration, le Conseil National du RCD décide de la participation du Rassemblement dans le gouvernement de Abdelaziz Bouteflika. En l’espace de 9 mois, le RCD organise des dizaines de conférences et meetings animés par des cadres de son Comité Exécutif, dont son Président, sur tout le territoire national, pour expliquer son entrée au gouvernement et apporter son soutien aux réformes promises par le Chef de l’Etat. 

    UNE PARTICIPATION \ »VIGILANTE\ »  

    Le 25 septembre 2000, le Conseil National du RCD exprime ses inquiétudes concernant les difficultés du gouvernement à concrétiser les réformes engagées. Il fait également part de son mécontentement suite à l’orientation conservatrice relevée dans le dernier remaniement gouvernemental. 

    LE RCD TIRE LA SONNETTE D\’ALARME  

    Après une année de présence dans un gouvernement de réformes, devant la propagation de la confusion et de l’hésitation dans la décision politique, face à l’apparition de prémices de crises institutionnelles entretenues et à l’absence, de la part du premier magistrat du pays, de concertation avec les partis politiques présents dans le gouvernement, le Conseil National du RCD tire la sonnette d’alarme, le 25 janvier 2001. 

    LE RCD SE RETIRE DU GOUVERNEMENT 

    Lors d’une session extraordinaire convoquée d’urgence, le Conseil National du Rassemblement prononce à l’unanimité de ses membres moins deux voies le retrait du RCD du gouvernement. Le Conseil National condamne la répression qui frappe les citoyens notant qu’elle « n’est pas la conséquence d’un affolement ou d’une bévue » mais « fait suite à une volonté délibérée de gérer, par la terreur, une revendication identitaire populaire évoluant dans un climat social délétère » Le Conseil National prend acte de « l’impasse historique d’un système sectaire, archaïque et répressif. » Il lance « un appel solennel au peuple algérien pour continuer le combat démocratique et républicain » faisant part de la disponibilité du RCD « pour toute concertation au tour de la préservation et de la consolidation de l’état républicain et de la perspective démocratique » en vue d’arriver à imposer comme une « urgence l’œuvre de Refondation Nationale. » 

    Le RCD ET LE PRINTEMPS NOIR EN KABYLIE  

    Dès le début de ce mouvement le RCD a accompagné activement la contestation citoyenne se refusant à toute compétition partisane sur une répression sanglante. 

    Partie prenante de toutes les manifestations populaires des organisations de la société civile ( MCB, Coordination des archs et villages de Kabylie, Coordination Nationale pour la défense des libertés démocratiques, Mouvements des femmes, corporations professionnelles divers…) en Kabylie, à Alger, dans l’Ouest et l’Est du pays, le RCD met également à la disposition des citoyens ses élus nationaux et locaux ainsi que des collectifs d’assistance judiciaire ( avocats ) et médicale. 

    Dans le même temps et afin de donner un prolongement politique efficace à cette révolte citoyenne, au regroupement des forces démocratiques algériennes. La direction du Rassemblement a pris attache avec le FFS en vue de joindre les efforts pour arrêter la répression et faire aboutir les revendications démocratiques des citoyens. 

    Vite le pouvoir a privilégié la politique du pourrissement. Des délégués se retirent et les services spéciaux gèrent la contestation citoyenne par la provocation, la corruption et la répression. Des cadres intègres en Kabylie sont déstabilisés. Le doute frappe les populations, le RCD dénonce la stratégie du pire et en appelle à la conscience civique et politique qui a toujours prévalu pour éviter que la structuration politique de la délinquance ne s’installe au lieu et place de traditions de luttes démocratiques qui ont fait de la région le fer de lance du combat pour l’Etat de Droit en Algérie. 

    UN PACTE POUR LA REFONDATION NATIONALE  

    Le Conseil National du Rassemblement adopte un plan de sortie de crise intitulé « Pacte pour la Refondation Nationale » et destiné à être transmis à l’opinion nationale et internationale et au Président de la la République. Ce plan propose une démarche de bipolarisation de la scène politique en vue d’opérer une décantation entre les forces républicaines d’un coté, et la mouvance islamo-conservatrice de l’autre à la suite d’un débat national. Le PRN prévoit également un dispositif complet de mécanismes pour une transition politique démocratique conduite par les forces de progrès majoritaires dans le pays. (Document sur le site). 

    BOYCOTT DES ELECTIONS LEGISLATIVES DE MAI 2002  

    126 jeunes assassinés par balles, des milliers de blessés dont certains handicapés à vie est le résultat de la répression sanglante en Kabyle. Partout dans le pays, l’émeute est perçue par l’immense majorité comme l’unique expression de la mal vie et de l’injustice. La répression et l’impunité élargissent le fossé qui séparait les citoyens des institutions. Dans de telles conditions, le RCD considère que l’urgence nationale consiste à prendre langue avec la contestation et décréter des mesures d’apaisement au lieu de s’attacher au respect d’échéances électorales. Cette élection marquée par des affrontements entre les forces de répression et les citoyens s’est soldée par une abstention record : zéro voix en Kabylie et moins de 20% dans le centre du pays. 

    ETATS GENERAUX DES DEMOCRATES REPUBLICAINS  

    Le 04 décembre 2003, à Sidi Faredj, prés de 2000 cadres, militants politiques, syndicalistes, des droits de l’Homme, anciens maquisards, femmes, jeunes…répondent à la convocation des Etats généraux des démocrates républicains. Les participants adoptent une charte de valeurs et d’objectifs et s’engagent à regrouper autour du combat pour la concrétisation « des idéaux de démocratie, de liberté et de justice sociale dans le cadre d’un Etat de droit et de la bonne gouvernance » . 

    ELECTION PRESIDENTIELLE DU 08 AVRIL 2004  

    Après cinq ans d’absolutisme, de tergiversations dans un climat de corruption généralisée, Saïd SADI se présente à l’élection présidentielle d’avril 2004 pour représenter « l’opposition démocratique qui a sauvé l’Algérie et porté le projet de changement pour le progrès et la liberté, parachèvement le plus juste du combat libérateur ». Après une campagne électorale que tous les observateurs retiennent comme l’une des plus réussies, le DRS bouleverse la donne en impliquant l’armée supposée être neutre dans une fraude sans appel. Alors que les ambassades sont unanimes pour dire qu’un second tour est inévitable, dans la journée du 7 avril les services de renseignement et une partie des forces terrestres, somment tous les représentants de Benflis et de Djkaballah de prendre leurs indemnités et déserter leurs postes. En Kabylie, des détachements de la police communale sont instruits pour ne pas intervenir face aux individus qui perturberaient le vote. 

    RESOLUTIONS DU CONSEIL NATIONAL DU RCD 07 OCTOBRE 2004  

    L’instance souveraine du RCD tire la leçon de l’évolution politique après la fraude généralisée lors de la dernière présidentielle. « …. La répression administrative et politique qui atteint ses militants, sanctionne l’opposition dans ses activités les plus élémentaires. La censure médiatique étouffant toute voix discordante (…) Pendant que le citoyen revendique la levée de l’état d’urgence, le pays évolue vers une situation d’exception. L’université d’été organisée par le Rassemblement les 2 et 3 septembre 2004, confirme le fait que le 08 avril est une consécration de l’incapacité du régime à concevoir ou tolérer une évolution démocratique». 

    Le RCD, attaché à l’autonomie de sa décision, décide de redéployer ses moyens pour un travail de terrain en direction des forces vives et des citoyens. 

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